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Présentées à l’AWE USA 2026 par Evan Spiegel, les nouvelles lunettes de réalité augmentée Specs de Snap s’affichent à 2 295 euros et promettent de faire basculer l’informatique portable dans une nouvelle ère, portée par l’intelligence artificielle et une autonomie enfin viable.

Le reproche le plus récurrent contre les lunettes de réalité augmentée tombe d’un coup : l’autonomie. Là où l’ancienne génération des lunettes Spectacles plafonnait à 45 minutes de batterie, le nouveau modèle tient 4 heures en usage mixte et le boîtier de charge embarqué prolonge l’expérience jusqu’à 20 heures cumulées. Evan Spiegel, le patron de Snap, a résumé l’ambition en quelques mots lors de sa présentation : des lunettes pensées pour être « portées pendant des heures ». Le poids suit la même logique de sobriété, avec 132 grammes pour la monture de 47 mm et 136 grammes pour le modèle de 52 mm, grâce à un polymère TR90 que Snap qualifie de « plastique-titane ».
Côté affichage, les Specs projettent un champ de vision de 51 degrés, équivalent à un écran de 115 pouces perçu à 3 mètres de distance. Une architecture avec deux processeurs Snapdragon pilote l’ensemble, secondée par une batterie de capteurs gérant simultanément le suivi oculaire, le suivi gestuel des mains et la reconnaissance vocale. Ce système transforme les Specs en interface mains-libres capable de rivaliser, au moins en théorie, avec un poste de travail classique.

Snap ne mise pas uniquement sur le matériel pour justifier son tarif. La connexion filaire en USB-C permet d’utiliser les lunettes comme écran externe pour n’importe quel appareil, ouvrant un usage bureautique immédiat sans dépendre du seul traitement embarqué. Cette polyvalence positionne les Specs à mi-chemin entre le gadget technologique et l’outil de productivité sérieux, du jeu en réalité augmentée jusqu’à la gestion de documents.
L’intelligence artificielle tient le rôle de liant entre toutes ces fonctions. Les Specs intègrent nativement des connexions vers les grands modèles du marché (OpenAI, Gemini et Claude) accessibles par commande vocale ou gestuelle. Snap ouvre simultanément Lens Studio aux développeurs tiers, en y embarquant des outils compatibles avec Codex, Cursor et Claude Code pour accélérer la création d’expériences de réalité augmentée sur mesure.

Le lancement est prévu pour l’automne 2026, mais Snap n’attend pas pour tester l’appétit du marché : les précommandes sont d’ores et déjà accessibles aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France sur specs.com. À 2 295 euros, les Specs s’adressent clairement aux fans de tech et aux développeurs, bien loin d’une proposition grand public. Le pari de Snap est néanmoins cohérent : en créant un écosystème logiciel ouvert autour d’un matériel enfin capable de tenir une journée de travail, l’entreprise mise sur la même dynamique qui a fait le succès des plateformes mobiles.
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