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La ministre déléguée au numérique Anne Le Hénanff et le député Eric Bothorel ont tous deux saisi la justice contre des moteurs de recherche exploitant des bases de données piratées, forçant le site Searcher à précipiter la fin de sa version gratuite.

Searcher permet à n’importe qui d’interroger en quelques secondes des dizaines de bases de données issues de piratages et d’obtenir sur une personne son IBAN, son adresse postale, sa date de naissance, son numéro de sécurité sociale ou encore ses affiliations sportives, à partir d’un simple nom, d’une adresse e-mail ou d’un numéro de téléphone. C’est BFMTV qui a révélé la saisine de la ministre Anne Le Hénanff auprès de la justice. Ces outils, connus sous le nom de « lookup », agrègent le plus souvent des données récupérées lors de cyberattaques contre des entreprises ou des administrations.
Le député Eric Bothorel a annoncé avoir également déposé un signalement auprès de la justice, ciblant cette fois trois services de lookup distincts. « Il faut le redire avec force, le recel de données volées est un crime », a-t-il déclaré. Cette double initiative politique intervient dans un contexte judiciaire déjà actif : en avril, le parquet de Paris avait confirmé l’ouverture de plusieurs enquêtes visant des services de ce type. Le 14 mai, un homme de 19 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire dans un dossier directement lié à l’exploitation de ce genre de plateforme.
Searcher devait initialement maintenir un accès gratuit jusqu’au lundi 15 juin, mais la période d’essai s’est terminée avec plusieurs jours d’avance. Un message a aussitôt invité les utilisateurs à souscrire rapidement un abonnement « pour garder l’accès à Searcher au tarif actuel », les avertissant que « les prix vont augmenter prochainement ». Sur le serveur Discord du site, l’administrateur se présentant sous le pseudonyme CryptoCove a justifié cette fermeture anticipée : « nous avons malheureusement dû fermer notre site public plus tôt que prévu. Le projet a pris une trop grande ampleur et certaines personnes jalouses qui se sont intéressées à des choses qui ne les concernaient pas ont tout fait pour essayer de faire fermer le site et nous apporter des soucis ».
Ces moteurs de recherche alimentent directement l’arsenal des cybercriminels : les spécialistes du phishing ou de l’arnaque au faux conseiller bancaire peuvent, grâce à ces données, personnaliser leurs attaques au point de paraître parfaitement crédibles auprès de leurs victimes.
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