Le fisc britannique va s’appuyer pendant dix ans sur Quantexa pour renforcer la détection de fraude et le traitement des erreurs dans les déclarations fiscales avec l’aide de l’intelligence artificielle. Selon la BBC, ce contrat de long terme coûtera 175 millions de livres (201 millions d’euros) au gouvernement britannique.

HM Revenue & Customs (HMRC), à savoir le fisc britannique, veut utiliser la technologie de Quantexa pour croiser ses propres données avec d’autres sources afin de repérer des irrégularités, corriger des erreurs non intentionnelles et identifier les entreprises ou particuliers qui cherchent à masquer des activités frauduleuses.
L’accord ne se limite pas au contrôle fiscal pur. HMRC compte aussi utiliser cet outil pour le service client et pour retrouver des paiements légitimes effectués sous une mauvaise référence, un usage plus administratif mais potentiellement sensible à grande échelle.
Fondée à Londres en 2016, Quantexa développe des applications et outils d’IA pour l’analyse de données et la prise de décision. L’entreprise travaille déjà avec Zurich Insurance Group, une compagnie d’assurance suisse, sur des usages comparables autour de la fraude.
Des contrôles humains restent, l’IA ne sera pas seule
Quantexa affirme que ses résultats continueront d’être vérifiés par des humains et que son intelligence artificielle a été conçue pour soutenir la décision, pas pour la remplacer. Le message est important pour HMRC qui touche directement à des dossiers susceptibles d’avoir un impact immédiat sur les contribuables.
Son directeur général Vishal Marria défend une ligne assez stricte pour le secteur public. Selon lui, l’IA ne peut pas fonctionner comme une boîte noire dans les administrations et les décisions doivent rester transparentes, auditables et explicables.
L’entreprise cherche aussi à rassurer sur la sécurité des données. Le dirigeant affirme que Quantexa ne sortira jamais les données de HMRC de l’environnement propre à l’administration fiscale britannique.
Ce contrat s’inscrit dans une tendance plus large. En 2024, le département du Trésor américain avait reconnu utiliser l’IA pour détecter la fraude et disait avoir empêché des fraudes et avoir récupéré plus de 4 milliards de dollars entre octobre 2023 et septembre 2024 grâce à ces outils.
Le recours à l’IA devient de plus en plus fréquent dans les administrations, y compris aux États-Unis, où plusieurs accords ont été signés avec Google, xAI, Anthropic et Microsoft. Le partenariat entre HMRC et Quantexa montre que cette logique s’étend aussi au cœur des systèmes fiscaux.
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