Anthropic prévoit d’étendre prochainement l’accès à Claude Mythos aux banques européennes, après une première vague réservée à de grands groupes américains. Cette ouverture intervient alors que les régulateurs et les experts en cybersécurité s’inquiètent de l’effet du modèle d’intelligence artificielle sur des systèmes bancaires souvent anciens et difficiles à sécuriser.

De l’IA pour trouver des failles chez les banques
Reuters rapporte que les banques du monde entier cherchent désormais à tester Claude Mythos après les accès initiaux accordés à plusieurs grands établissements américains. Anthropic viserait maintenant un déploiement vers les banques européennes avec un calendrier qui pourrait aller de quelques jours à plusieurs semaines selon les vérifications de sécurité menées avant l’ouverture.
L’accès a d’abord été réservé aux partenaires du projet Glasswing et à environ 40 autres organisations qui créent ou maintiennent des infrastructures logicielles critiques. JPMorgan Chase est la seule banque dont Anthropic a publiquement confirmé l’accès, tandis que Bank of America, membre de Glasswing depuis le début, teste déjà la technologie en interne.
Les régulateurs redoutent un déséquilibre
Claude Mythos est perçu par plusieurs spécialistes comme une technologie difficile à absorber pour le secteur bancaire. Le modèle IA a suscité une série d’avertissements lors des réunions de printemps du Fonds Monétaire International (FMI) à Washington, sur fond de préoccupations autour des risques qu’il fait peser sur des infrastructures héritées.
EY Americas résume le problème en expliquant que la technologie avance plus vite que les cadres mis en place, les modèles opérationnels et les dispositifs de contrôle de nombreuses banques. Le cabinet estime en conséquence que les établissements doivent dépasser les correctifs ponctuels de cybersécurité et intégrer l’IA dans la gestion du risque à l’échelle de la technologie, des opérations, de la gouvernance et de la supervision.
Joachim Nagel, président de la banque centrale allemande, a de son côté appelé à un accès généralisé au modèle IA afin d’éviter une rupture d’égalité entre institutions et de limiter les risques de mauvais usage. L’enjeu n’est donc pas seulement d’obtenir Claude Mythos, mais de savoir si le secteur bancaire peut l’absorber assez vite sans creuser encore l’écart entre la découverte des risques et la capacité de correction.