Il arrive que certains blockbusters ratés laissent derrière eux un parfum d’occasion perdue plus tenace que bien des succès. C’est précisément le cas de Power Rangers, sorti en 2017, dont l’ambition initiale était manifestement bien plus vaste qu’un simple redémarrage isolé. Près de dix ans après sa sortie, Dacre Montgomery, qui joue Jason dans le Power Rangers, affirme que le film avait été pensé initialement comme le point de départ d’une véritable franchise, avec plusieurs suites déjà envisagées par le studio avant même son arrivée en salles !
Un reboot pensé comme une grande saga de studio
À l’époque, Lionsgate voyait dans Power Rangers bien plus qu’un simple pari nostalgique. Le long-métrage devait devenir une franchise majeure, capable de s’installer durablement dans le paysage des blockbusters « grand public ». Le projet avait pour objectif de relancer une marque populaire auprès d’un nouveau public, avec une distribution jeune, un ton plus moderne et un lore suffisamment large pour soutenir plusieurs chapitres.

Cette ambition n’était d’ailleurs pas théorique : les acteurs principaux auraient été engagés dans l’optique d’une aventure au long cours, avec plusieurs films potentiels à la clé. Le film lui-même laissait clairement entendre qu’une suite était attendue, notamment à travers un clin d’œil de fin qui ouvrait la porte à une suite avec de nouveaux personnages iconiques de la franchise.
Un accueil trop tiède pour transformer l’essai
Le problème, c’est que le film n’a jamais vraiment trouvé l’équilibre nécessaire pour devenir le grand pilier commercial espéré. Sans être unanimement rejeté, le métrage n’a pas non plus créé l’élan indispensable pour justifier la poursuite immédiate d’une saga aussi coûteuse. Les résultats au box-office sont restés largement insuffisants au regard des ambitions du studio.
Un film plus apprécié après coup que lors de sa sortie
Avec le recul, le Power Rangers de 2017 a pourtant bénéficié d’une forme de réévaluation. Beaucoup lui reconnaissent aujourd’hui un casting plutôt convaincant, une vraie sincérité et une volonté réelle de donner une épaisseur émotionnelle à ses personnages. Ce regain d’estime nourrit précisément le sentiment qu’une franchise plus solide aurait peut-être pu émerger si ce premier film avait été un peu mieux accueilli.

La franchise regarde désormais ailleurs
Depuis, Hollywood a choisi une autre voie. L’idée d’une suite directe a été abandonnée pour être finalement remplacée par celle d’un nouveau reboot destiné à « redéfinir » et/ou moderniser la franchise. Le cas de Power Rangers reste donc un « et si » typiquement hollywoodien. Un film imparfait certes, mais pas dépourvu de qualités, pensé comme la première pierre d’une saga entière avant d’être rattrapé par les scores du box-office. Dommage…