X continue de voir s’éroder son attractivité auprès des organisations les plus influentes du numérique. Dernier départ en date et non des moindres, l’Electronic Frontier Foundation (EFF), figure historique de la défense des libertés numériques, a annoncé qu’elle cessait sa présence active sur la plateforme d’Elon Musk après près de vingt ans d’activité.
Une rupture motivée par l’effondrement de la visibilité
Dans son message d’adieu, l’EFF explique que sa décision n’a pas été prise à la légère, mais qu’elle repose désormais sur un constat simple : l’efficacité de X comme canal de diffusion a fortement chuté. L’organisation souligne qu’à la fin des années 2010, ses publications sur Twitter généraient chaque mois entre 50 et 100 millions d’impressions. Aujourd’hui, les performances n’ont plus rien à voir avec cette époque. Kenyatta Thomas, le social media manager de l’EFF, résume la situation en une formule brutale : « Pour le dire franchement, un post sur X aujourd’hui reçoit moins de 3 % des vues qu’un seul tweet obtenait il y a sept ans. »

X peine de plus en plus à envoyer du trafic aux éditeurs
Cette annonce intervient alors que la capacité de X à générer du trafic vers les sites externes est de plus en plus remise en cause. Plusieurs analyses et études récentes montrent que les publications comportant des liens y performent beaucoup moins bien en engagement, ce qui fragilise particulièrement les médias, associations et éditeurs qui utilisaient autrefois la plateforme comme levier d’audience.
Des médias ou organisations de gauche de plus en plus invisibles
L’EFF rejoint ainsi une liste croissante d’acteurs ayant pris leurs distances avec X, parmi lesquels des rédactions, des institutions publiques et plusieurs personnalités du monde académique. A noter cependant que cette absence de visibilité penche clairement plus du côté des organismes et médias dits de « gauche », ainsi qu’en atteste le déséquilibre criant en terme d’engagement (voir ci-dessous).
Qu’il s’agisse d’un biais de l’algorithme (difficile à prouver) ou tout simplement d’une image à l’instant T de ce qu’est en train de devenir X, le résultat est souvent le même pour les médias ou organisations neutres ou à gauche du spectre politique, soit une disparition progressive de leur nombre de vues. On comprend mieux dès lors que ces mêmes médias finissent par quitter le réseau social d’Elon Musk pour voir si l’herbe est un peu plus accueillante ailleurs…