Le phishing s’impose comme le principal signal d’alerte remonté par les particuliers sur la plateforme 17Cyber en 2025. La hausse atteint 71 %, preuve que l’escroquerie en ligne gagne encore en efficacité.

Le sujet ne se limite plus à quelques campagnes grossières. Les tentatives de phishing se sont sophistiquées au fil des années, au point de représenter désormais près d’un tiers des sollicitations envoyées par les particuliers à la plateforme publique 17Cyber, d’après le bilan publié par l’organisme public Cybermalveillance.
Ce poids est d’autant plus notable que les particuliers dominent très largement l’activité du service. Ils ont concentré 93 % de l’ensemble des demandes d’assistance enregistrées sur 17Cyber.
La plateforme joue un rôle de premier point d’entrée pour ces victimes. Elle permet de qualifier un incident, d’obtenir des conseils personnalisés et, si nécessaire, d’être orienté vers une aide technique ou vers un échange par tchat avec un policier ou un gendarme, à toute heure.
Une pression qui dépasse le seul phishing
La dynamique de 2025 montre une montée plus large des atteintes en ligne. Tous publics confondus, les sollicitations reçues par 17Cyber ont progressé de 20 % sur un an, pour dépasser les 500 000 demandes d’aide.
Deux autres catégories ressortent fortement dans le bilan. Les démarches liées aux fuites de données ont plus que doublé, avec une hausse de 107 %, tandis que les demandes liées à l’usurpation de numéros de téléphone ont bondi de 517 %, même si leur poids reste encore faible dans le total.
Cela dessine une évolution nette des menaces traitées par la plateforme. Les escroqueries ne reposent plus seulement sur le lien frauduleux envoyé à une victime, mais aussi sur l’exploitation de données exposées et sur l’imitation de canaux de confiance comme le téléphone.
L’usurpation de numéro devient un sujet de régulation
La flambée des signalements sur les numéros usurpés ne surgit pas dans le vide. En février, l’Arcep avait déjà évoqué un doublement des signalements liés à ce phénomène sur un an.
Le régulateur a d’ailleurs ouvert fin janvier une enquête administrative sur ce sujet. Son objectif est notamment de vérifier le respect des obligations d’authentification des numéros d’appelant prévues par la loi, alors que les opérateurs disposent déjà de moyens pour contrôler l’authenticité des numéros utilisés.
Ce croisement entre le bilan de 17Cyber et l’action de l’Arcep montre que la pression monte sur deux fronts à la fois. D’un côté, les victimes sollicitent davantage l’assistance publique, de l’autre, les autorités cherchent à serrer la vis sur les failles qui permettent de réaliser ces pratiques.