Le bras de fer entre Anthropic et le gouvernement américain s’intensifie de nouveau. Dans une réponse transmise à la justice, le Département américain de la Défense — qui privilégie désormais l’appellation « Department of War » (Département de la Guerre) — estime que laisser l’éditeur de Claude conserver un accès à son infrastructure opérationnelle « introduirait un risque inacceptable » pour la sécurité nationale. Ce document intervient alors qu’Anthropic conteste en justice sa désignation comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement », une étiquette susceptible de l’écarter des contrats fédéraux les plus sensibles.
La crainte centrale : un fournisseur qui garde la main en période de crise
Selon l’argumentaire du Pentagone, la difficulté ne réside pas uniquement dans la technologie, mais dans le contrôle. L’administration affirme avoir intégré aux contrats d’IA une clause autorisant l’usage des outils « pour tout objectif légal ». Anthropic, qui refuse que ses modèles soient utilisés pour la surveillance de masse ou des armes entièrement autonomes, aurait ainsi poussé le ministère à douter de sa fiabilité comme partenaire sur des programmes « hautement sensibles ».

Le risque de « Désactivation » du modèle
Le dépôt judiciaire souligne qu’un système d’IA peut être vulnérable à la manipulation et avance qu’Anthropic pourrait, si ses « lignes rouges » étaient franchies, tenter de « désactiver » sa technologie ou d’en « modifier le comportement » au pire moment, y compris pendant des opérations en cours. Une perspective qualifiée d’ »inacceptable » par l’État, et qui justifierait doncl’exclusion d’Anthropic ds contrats fédéraux.
Anthropic réclame une suspension provisoire
Anthropic demande au tribunal une mesure d’urgence pour geler l’interdiction le temps de la procédure, affirmant que le label pourrait entraîner des pertes de revenus se chiffrant en milliards de dollars. En parallèle, plusieurs acteurs du secteur ont déposé des documents de soutien, signe qu’au-delà du cas Anthropic, c’est la question du pouvoir de l’État sur les fournisseurs d’IA qui se retrouve désormais au cœur du débat.