Adam Mosseri, le patron d’Instagram, a qualifié d’« usage problématique » mais non d’« addiction clinique » le cas d’un utilisateur passant 16 heures par jour sur la plateforme, lors d’un procès en Californie examinant les impacts des réseaux sociaux sur la santé mentale. Meta et YouTube sont accusés de concevoir leurs applications pour maximiser l’addiction, provoquant dysmorphie corporelle, anxiété et dépression chez les utilisateurs.

Adam Mosseri refuse de placer l’usage prolongé des réseaux sociaux dans la même catégorie que les pathologies médicales sérieuses comme l’abus de substances. « Il est important de différencier addiction clinique et usage problématique », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il a lui-même affirmé être accro à une série Netflix après l’avoir visionnée tard dans la nuit, sans pour autant souffrir d’addiction clinique au sens médical.
Mark Lanier, l’avocat du plaignant principal, identifié comme KGM, qualifie ces plateformes de « casinos numériques » et souligne que des documents internes des entreprises accusées comparent leur technologie à celle de l’industrie du tabac. Le patron d’Instagram a précisé qu’il n’est pas expert médical et que la perception du temps passé sur la plateforme reste relative : ce qui paraît excessif pour certains peut sembler normal pour d’autres.
Une défense rejetée par l’opinion publique
La réaction publique aux déclarations d’Adam Mosseri s’avère majoritairement critique. La plupart des critiques s’accordent sur le fait qu’un patron d’entreprise utilisant l’attention ne reconnaîtrait jamais que son réseau social nuit aux utilisateurs, indépendamment des preuves présentées.
Ce procès intervient alors que les plateformes sociales subissent une pression réglementaire croissante sur les effets de leurs algorithmes et fonctionnalités. L’Australie a banni fin 2025 les utilisateurs de moins de 16 ans des réseaux sociaux, une mesure envisagée par d’autres pays. En France par exemple, le blocage devrait se faire pour les moins de 15 ans.
La stratégie d’Adam Mosseri consiste à éviter le vocabulaire médical qui pourrait établir une responsabilité juridique directe de Meta, la maison-mère d’Instagram, dans les troubles de santé mentale allégués. En refusant le terme « addiction », il tente de maintenir l’usage compulsif d’Instagram dans le registre du comportement individuel plutôt que de la conception intentionnellement addictive du produit.