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Le jeu vidéo culte Doom sert depuis longtemps de défi technique aux passionnés d’informatique qui tentent de le faire fonctionner sur des plateformes plus improbables les unes que les autres. Une équipe de chercheurs vient de franchir une étape supplémentaire dans le « WTF » en parvenant à apprendre à un réseau de neurones humains à jouer au célèbre jeu de tir !

Cette prouesse scientifique est l’œuvre de la société de biotechnologie Cortical Labs, une startup qui développe une forme d’ordinateur biologique capable d’apprendre grâce à de véritables cellules nerveuses humaines.
Le dispositif utilisé, baptisé CL1, repose sur une approche radicalement différente de l’informatique traditionnelle. Au lieu de circuits électroniques classiques, cette plateforme s’appuie sur environ 200 000 neurones humains cultivés en laboratoire.

Ces cellules sont obtenues à partir de cellules souches issues de prélèvements sanguins ou cutanés chez des adultes. Les chercheurs les transforment ensuite en neurones, capables de former des connexions et de réagir à des stimulations électriques.
L’ensemble est alors placé sur une puce équipée d’un réseau de microélectrodes qui permet à la fois de stimuler les neurones et d’enregistrer leurs réponses.
Pour entraîner ce système biologique, les scientifiques ont relié les actions du jeu à des impulsions électriques envoyées aux neurones. Chaque situation rencontrée dans Doom correspond à des signaux spécifiques, tandis que les réponses correctes — comme tirer ou viser un ennemi — sont associées à des schémas de stimulation particuliers.
Au fil des essais, les neurones apprennent progressivement à réagir de manière plus adaptée aux situations rencontrées dans le jeu.
Le système ne peut pas encore parcourir entièrement les niveaux du jeu, les chercheurs s’étant surtout concentrés sur la capacité à viser et tirer rapidement lorsque des ennemis apparaissent à l’écran.
Malgré ces limites, l’expérience reste tout bonnement stupéfiante. À titre de comparaison, le cerveau humain compte environ 86 milliards de neurones, alors que ce système expérimental n’en utilise que 200 000. Les résultats obtenus montrent néanmoins le potentiel de l’informatique biologique pour développer de nouvelles formes d’ »intelligence » hybride.

Dans le jeu culte l’Arche du Capitaine Blood (1988), les composants électroniques du vaisseau spatial (l’Arche) sont en fait des éléments biologiques rattachés à un énorme cerveau central
Bien qu’au stade expérimental, ces travaux ouvrent des perspectives fascinantes, celles de machines capables d’apprendre en s’appuyant sur des tissus neuronaux vivants, à la frontière entre biologie et informatique (comme dans le jeu l’Arche du Capitaine Blood)
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10 Jul. 2026 • 20:28