Depuis le 1er février 2026, les tarifs réglementés de vente (TRV) de l’électricité ont été mis à jour en France. Pour la plupart des foyers abonnés au « Tarif Bleu » d’EDF, le changement se traduit par une baisse discrète du prix du kilowattheure. Sur le papier, l’ajustement est réel, mais il restera peu perceptible sur une facture mensuelle standard. En revanche, une option historiquement prisée par les consommateurs prêts à piloter finement leur consommation perd une partie de son attrait : Tempo subit une révision défavorable qui complique davantage sa rentabilité.

Un repli modeste des TRV, surtout visible en heures creuses
La nouvelle grille tarifaire affiche une diminution moyenne d’environ 0,78 % sur le kWh pour les options Base et Heures Pleines/Heures Creuses (HP/HC). À l’échelle d’un logement, cette correction ressemble davantage à un ajustement technique qu’à une baisse susceptible de transformer le budget énergie. Mais elle confirme un mouvement : l’écart se creuse légèrement en faveur des usages capables d’exploiter les heures creuses, ce qui colle à l’évolution des habitudes (programmation d’équipements, domotique, recharge de véhicule électrique, etc.).
Option Base : la formule la plus simple bouge à peine
Pour l’option Base, qui conserve un prix identique à toute heure, le kWh passe de 0,1952 € à 0,1940 €, soit environ 0,6 % de baisse. Une nuance mérite d’être relevée : pour les puissances d’abonnement de 9 kVA ou plus, le prix du kWh est légèrement inférieur, à 0,1927 €. Dans les faits, l’écart reste limité, mais il illustre une logique de grille qui tend à orienter certains profils vers des options plus « pilotables ».
HP/HC : les heures creuses gagnent en attractivité
Le signal le plus clair de cette mise à jour concerne l’option Heures Pleines/Heures Creuses. Le prix du kWh en heures creuses recule de manière plus marquée, de 0,1635 € à 0,1579 €, soit environ 3,4 % de baisse. En heures pleines, l’évolution est plus symbolique : le kWh passe de 0,2081 € à 0,2065 €, soit environ 0,77 % de baisse.
La conséquence est simple : plus un foyer parvient à déplacer une part importante de sa consommation sur les créneaux creux, plus il a de chances de ressentir l’effet de cette baisse. C’est particulièrement vrai pour les gros postes de consommation « décalables » :
- chauffe-eau électrique programmé la nuit ou sur plages dédiées ;
- lave-linge, sèche-linge et lave-vaisselle lancés en différé ;
- recharge d’un véhicule électrique sur une wallbox pilotée ;
- chauffage ou climatisation optimisés par thermostat connecté (dans la limite du confort et des contraintes techniques).
À titre d’illustration, sur une consommation annuelle de 11 893 kWh répartie majoritairement en heures creuses (9 178 kWh) et complétée en heures pleines (2 715 kWh), l’évolution des prix aboutit à une économie d’un peu moins de 56 € sur l’année, soit environ 2,7 % sur la partie énergie. Dit autrement : ce n’est pas négligeable, mais cela ne compense pas, à lui seul, une hausse d’usage ou un hiver plus rude.
Tempo : l’option « intelligente » devient plus difficile à rentabiliser
La véritable rupture de ce 1er février 2026 se joue du côté de Tempo. Conçue comme une option incitative pour lisser la demande, Tempo repose sur un principe clair : payer moins la majorité de l’année, en acceptant des journées où l’électricité devient très chère, surtout en hiver. Le calendrier est structuré en trois couleurs :
- 300 jours bleus, les plus avantageux ;
- 43 jours blancs, intermédiaires ;
- 22 jours rouges, les plus coûteux, concentrés sur la période hivernale.
Le problème, en 2026, est que la nouvelle grille relève les tarifs sur l’ensemble des tranches Tempo. La hausse est particulièrement sensible lors des journées rouges, au moment où l’électricité est déjà la plus chère. En heures pleines rouges, le kWh atteint désormais 0,7060 €, avec une augmentation qui dépasse les 9 %. Ce niveau de prix se rapproche d’un signal « dissuasif » : il ne s’agit plus simplement d’encourager la sobriété sur certaines plages, mais de rendre l’usage électrique en journée rouge franchement pénalisant.
Pour qui Tempo peut encore avoir du sens ?
Tempo n’est pas automatiquement à écarter. L’option peut conserver un intérêt pour des profils capables de réduire fortement, voire d’annuler, leur consommation en heures pleines lors des jours rouges : logement très bien isolé, chauffage non électrique (ou alternative disponible), capacité à décaler la recharge d’un véhicule électrique, ou encore usage d’un poêle/appoint. Mais pour la majorité des foyers, l’équation devient plus serrée, car l’écart entre les jours bleus Tempo et une bonne stratégie HP/HC s’amenuise.
Concrètement, Tempo demande désormais une discipline plus stricte pour une récompense moins évidente. Et dans un logement connecté, la domotique ne fait pas tout : il faut aussi accepter des compromis (confort, horaires, logistique quotidienne), et disposer d’équipements capables d’être pilotés sans créer d’effets indésirables (surconsommation, cycles interrompus, chauffage d’appoint inefficace, etc.).
La CRE assume le désengagement : Tempo jugée insuffisamment alignée avec les coûts
Pourquoi un tel mouvement ? L’autorité chargée de construire le cadre tarifaire des TRV met en avant un argument économique : Tempo ne serait plus suffisamment alignée avec les coûts réels de production et d’acheminement sur certaines périodes, en particulier lorsque le système est sous tension. L’augmentation actuelle vise donc à « recaler » le signal prix, quitte à réduire l’intérêt de l’option pour les abonnés.
Ce repositionnement ne touche pas uniquement Tempo. L’option EJP (Effacement des Jours de Pointe), déjà marginale et fermée aux nouveaux abonnés depuis longtemps, voit aussi son équilibre se tendre : le prix du kWh sur les journées normales atteint 0,1781 €, un niveau qui complique davantage la rentabilité pour ceux qui y sont encore abonnés.
Vers des heures creuses plus flexibles : une transition déjà engagée
En toile de fond, un autre chantier pèse sur la lecture des offres : l’évolution des heures creuses vers des plages plus adaptées aux nouveaux profils de production, notamment lorsque l’électricité est plus abondante localement. Le mouvement a commencé à l’automne et doit s’étaler sur deux ans. L’objectif est clair : pousser davantage de foyers vers une consommation pilotée, avec des horaires potentiellement plus souples et, dans certains cas, davantage d’heures creuses en journée.
Pour les particuliers, cela signifie qu’optimiser sa facture ne dépend plus seulement du prix au kWh, mais aussi de la capacité à suivre (et automatiser) les bons créneaux : programmer un chauffe-eau, configurer une borne de recharge, exploiter un assistant domotique, ou simplement adapter des habitudes devient un levier concret, parfois plus efficace qu’un changement d’option tarifaire.
Et les offres de marché dans tout ça ?
Les TRV restent une référence, mais ils ne sont pas l’unique option. Des offres de marché peuvent proposer des prix compétitifs selon les périodes et les profils, y compris chez EDF, avec des formules à prix fixe. L’écart avec les tarifs réglementés s’est toutefois resserré, rendant la comparaison plus fine : les détails d’abonnement, les conditions de révision et la structure HP/HC pèsent désormais autant que le simple prix affiché du kWh.
Au final, la mise à jour du 1er février 2026 confirme une tendance : l’option Base bouge à peine, HP/HC gagne un peu de terrain, et Tempo devient une option de niche réservée à ceux qui peuvent réellement « éteindre » leur consommation lors des jours rouges. Dans un contexte où la flexibilité devient un outil de pilotage du réseau, la meilleure stratégie ressemble de plus en plus à un mix entre choix tarifaire cohérent et équipements capables d’automatiser les bons réflexes, sans transformer la maison en salle de contrôle.
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Le problème c’est que EDF a augmenté tempo simplement pour que les gens choisissent leur nouvelle offre. La commission de régularisation est complice de l’Edf.