À partir du 1er janvier 2026, les utilisateurs de Yuan numérique pourront percevoir des intérêts sur leurs avoirs, une évolution majeure destinée à stimuler une adoption qui peine toujours à décoller.
Un statut bancaire enfin équivalent
Jusqu’ici réservé aux dépôts bancaires traditionnels, le versement d’intérêts va désormais s’appliquer au yuan numérique. Selon les autorités chinoises, cette mesure place la monnaie numérique « sur un pied d’égalité juridique avec les dépôts commerciaux classiques ». Une décision stratégique visant à renforcer la crédibilité de cette monnaie face aux solutions de paiement déjà bien ancrées comme Alipay ou WeChat Pay.
Une innovation pionnière, mais encore marginale
Lancé dès 2014 sous forme de tests, le yuan numérique fait de la Chine l’un des pays les plus avancés dans le domaine des monnaies numériques étatiques. Pourtant, après plus de dix ans d’expérimentations, le déploiement national reste limité. Les faibles taux d’intérêt annoncés, proches de 0,05 %, ne semblent pas en mesure de séduire les utilisateurs.

À l’international, les stablecoins adossés au dollar offrent des rendements bien plus attractifs, parfois supérieurs à 6 % par an. « Le yuan numérique ne peut pas rivaliser sur le terrain du rendement », estiment ainsi plusieurs analystes, d’autant que cette monnaie digitale n’est pas compatible avec les blockchains publiques ni avec la finance décentralisée.
Un enjeu géopolitique assumé
Malgré ces limites, Pékin maintient le cap. Le Parti communiste chinois a inscrit le développement du yuan numérique dans son plan économique quinquennal, tandis qu’un centre opérationnel dédié a ouvert à Shanghai. Dans un contexte de rivalités monétaires mondiales, la Chine privilégie donc une monnaie numérique fortement contrôlée et largement perçue comme un outil de souveraineté économique face aux cryptomonnaies décentralisées.
Reste à savoir si les prochaines incitations (si incitations il y a) suffiront à transformer une expérimentation technologique en un véritable usage de masse.