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ITER, le plus grand réacteur à fusion au monde et l’un des projets scientifiques les plus coûteux de l’histoire, a atteint une étape clé avec la livraison de dix-neuf gigantesques bobines magnétiques sur son chantier dans le sud de la France. Ces aimants, qui formeront une cage autour de la chambre du tokamak, sont essentiels pour créer un champ magnétique afin de confiner le plasma surchauffé, nécessaire à une réaction de fusion.

Malgré ces progrès, ITER a annoncé de nouveaux retards et une forte augmentation de ses coûts. Le réacteur devrait désormais être mis en service en 2034 et commencer à produire de l’énergie en 2039, soit près d’une décennie plus tard que ce qui était prévu initialement. Le surcoût supplémentaire lié à ce retard est de 5 milliards d’euros, qui s’ajoutent donc au budget initial de 20 milliards d’euros. Les retards sont attribués à la pandémie de COVID-19 et à des problèmes de fabrication (comme des fissures dans les tuyaux de refroidissement des boucliers thermiques).
L’accumulation de ces retards pourrait finir par rendre ITER obsolète, principalement en raison des avancées extrêmement rapides dans la technologie de fusion de plusieurs sociétés privées. Des dizaines de startups comme Tokamak Energy et First Light Fusion développent leurs propres réacteurs commerciaux, et il est tout à fait envisageable que ces entreprises parviennent à obtenir une énergie de fusion viable avant ITER. Dans l’absolu cependant, la fabrication d’une centrale capable de produire de façon maitrisée et constante de l’énergie issue de la fusion reste encore aujourd’hui une chimère, et les experts du secteur n’envisagent pas de réacteur commercial à fusion avant 2050, au moins.
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