La France doit investir 5 milliards d’euros par an sur cinq ans dans l’intelligence artificielle si elle veut faire jeu égal avec les États-Unis et la Chine, un « défi majeur », selon le rapport du comité IA remis à Emmanuel Macron.

Des milliards d’euros d’investissement pour l’IA
Lancé en septembre par Elisabeth Borne, ce comité réunit une quinzaine d’experts, parmi lesquels Cédric O, ancien secrétaire d’État au Numérique désormais consultant, Yann LeCun, directeur du laboratoire d’IA de Meta, Joëlle Barral, directrice scientifique chez Google, ou encore Arthur Mensch, cofondateur de Mistral AI.
Leur rapport, rendu après six moix de travaux, 600 auditions et une consultation publique auprès de 7 000 citoyens, appelle aussi à la création d’un fonds de 10 milliards d’euros (7 milliards de capitaux privés et 3 milliards de fonds publics) pour accompagner la transformation des entreprises.
Les points clés
La Commission de l’IA partage dans son rapport 25 recommandations pour que la France puisse tirer parti de cette révolution technologique et en saisir toutes les opportunités. Sept d’entre elles sont jugées prioritaires :
- Créer les conditions d’une appropriation collective de l’IA et de ses enjeux en lançant un plan de sensibilisation et de formation de la nation.
- Investir massivement dans les entreprises du numérique et la transformation des entreprises pour soutenir l’écosystème français de l’IA et en faire l’un des premiers mondiaux.
- Faire de la France et de l’Europe un pôle majeur de la puissance de calcul, à court comme à moyen terme.
- Transformer notre approche de la donnée personnelle pour continuer à protéger tout en facilitant l’innovation au service de nos besoins.
- Assurer le rayonnement de la culture française en permettant l’accès aux contenus culturels dans le respect des droits de propriété intellectuelle.
- Assumer le principe d’une expérimentation dans la recherche publique en IA pour en renforcer l’attractivité.
- Structurer une initiative diplomatique cohérente et concrète visant la fondation d’une gouvernance mondiale de l’IA.
Au-delà de l’enjeu économique, le rapport insiste sur la nécessité de sensibiliser le grand public et de former « sans délai, massivement et en continu » aux métiers de l’IA. Il propose, par exemple, de développer les formations dans le supérieur ou d’encourager les enseignants à l’utiliser.
Les experts souhaitent faire de la France et l’Europe un pôle majeur de la puissance de calcul en facilitant l’installation de centres de calcul privés, indispensable au bon fonctionnement de l’IA.
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