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Alors que l’Europe et Google viennent de trouver un accord après des mois d’un bras de fer particulièrement tendu, voilà que Google est à nouveau sur le grill européen suite à la plainte déposée par l’OIP (Open Internet Project), un consortium d’entreprises (dont le groupe Lagardère) qui estiment justement que les termes de l’accord laissent encore trop de libertés au numéro un de la recherche. Le document motivant la plainte ne s’embarrasse pas de détours et dénonce dès les premières lignes ce qui s’apparente pour ses auteurs à une forme de laxisme :
« A la lumière des anciens et nouveaux excès commis par Google, l’OIP considère que le troisième paquet de propositions avancé par Google est insuffisant et qu’il renforcerait encore davantage sa position dominante. «

Dans le détail, la plainte accuse Google de détournement de trafic, d’infraction aux lois anti-trust par le seul fait de favoriser ses propres services grâce au moteur de recherche ultra-dominant, et enfin de discrimination des services concurrents « au travers de sa politique d’Adwords ». Pour faire bonne mesure, il est fait aussi reproches de la gratuité originelle de Google Analytics -histoire de « tuer » les services concurrents- puis une fois le terrain entièrement dégagé d’avoir fait facturer le service, ce que les auteurs du rapport considèrent être « de la facturation prédatrice ».
Considérant que les termes de l’accord passé entre Google et l’Europe aboutiront in fine à renforcer la situation de quasi monopole en cours, et accusant l’Europe de n’avoir mis en place que des solutions minimales à des problèmes beaucoup plus généraux, l’OIP joue malgré tout une carte hasardeuse : tous les points relevés dans la plainte ont déjà été mis sur le tapis lors du dernier round de négociations. L’Europe semblait déjà heureuse de pouvoir obtenir des concessions face à un Google peut habitué à en faire; une satisfaction qui n’est sans doute pas un gage en soi d’une grande fermeté, mais qui permet au moins d’avancer dans un dossier où le géant américain a longtemps semblé jouer la montre. Il n’est pas sûr que la perspective d’une nouvelle et longue bataille d’avocats motive la Commission européenne, même si cela doit au passage enterrer toute concurrence européenne à Google.
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