KultureGeek Internet Mark Zuckerberg devant les sénateurs américains : « C’était mon erreur. Je suis désolé »

Mark Zuckerberg devant les sénateurs américains : « C’était mon erreur. Je suis désolé »

4 min.
11 Avr. 2018 • 10:26
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Comme prévu, les sénateurs américains n’ont pas ménagé Mark Zuckerberg; le patron de Facebook s’est retrouvé bombardé de questions pendant plus de trois heures, et malgré une préparation intensive, nombre des interrogations formulées par les sénateurs n’ont pas trouvé d’autres réponses que « Mes équipes vous tiendront au courant » ou bien « je reviendrai vers vous« .

Suite au scandale Cambridge Analytica et des dizaines de millions de comptes Facebook littéralement « siphonnés » au profit d’outils de marketing politique (qui ont d’ailleurs peut-être joué un rôle dans l’élection de Donald Trump), Zuckerberg devait montrer qu’il avait compris l’enjeu du problème et convaincre de la pertinence des moyens qui seraient mis en oeuvre afin de mieux « protéger » les données des utilisateurs.

Zuckerberg Senateurs US

Sans jamais convaincre tout à fait, Mark Zuckerberg aura au moins fait profil bas, parvenant même à consentir de vraies excuses : « C’était mon erreur. Je suis désolé » soufflera le CEO, comme un enfant pris le doigt dans le pot de confiture. Le patron de Facebook s’est alors lancé dans une longue description d’outils ou de mises à jours à venir censées corriger les « failles » du réseau social; « Cela prendra du temps pour mener à bien tous les changements nécessaires » concèdera-til en évoquant  « un grand changement philosophique au sein de la société« .

Sur un sujet plus sensible encore, Zuckerberg a aussi confirmé les tentatives de récupération de la Russie, sans jamais nommer directement la responsabilité du gouvernement russe. Le problème est pourtant sérieux, au point que Facebook serait rentré dans « une course aux armements » afin de mieux lutter contre « des gens en Russie dont le travail est d’exploiter nos systèmes et autres systèmes internet ». Voilà qui est clair…

Zuckerberg Senateurs US 1

Autre thème de discussion « dans l’air du temps », le principe de gratuité de Facebook, de plus en plus critiqué pour ce qu’il implique, c’est à dire un système tout entier tournée vers la récupération de données personnelles à des fins de ciblage publicitaire (mais visiblement pas que cela si l’on tient compte du scandale en cours). En une petite phrase cependant, Zuckerberg a peut-être laissé entendre qu’un compte Facebook sous modèle payant n’était pas totalement exclu  : »Il y aura toujours une version de Facebook qui sera gratuite« . Et la version payante, c’est pour quand ?

Plus étonnant encore et moins sincère sans doute aussi, Mark Zuckerberg a reconnu que son service pourrait bénéficier d’une réglementation plus adaptée, prenant même exemple sur ce qui se fait sur le sujet… en Europe ! Mais en bon libéral (tendance « libertarien » du côté de la Silicon Valley), le jeune CEO s’est empressé d’ajouter que des réglementations supplémentaires pourraient nuire à la création de startups, une façon de signifier que l’auto-contrôle était tout de même préférable (tout en faisant mine d’oublier que cet auto-contrôle avait plutôt très mal fonctionné jusque là).

Mais c’est bien sur les questions relatives à la vie privée que Zuckerberg a été le plus souvent gêné aux entournures. Le sénateur démocrate Dick Durbin a lancé une bordée de questions cinglantes lors de ce qui restera comme le moment fort de cette audition : « Monsieur Zuckerberg, pourriez-vous dire à tout le monde ici dans quel hôtel vous avez dormi hier soir ?« , suivi d’un lapidaire « Voudriez-vous nous dire avec qui vous avez échangé des messages privés la semaine dernière ?« . Pour chacune de ces questions, Zuckerberg a répondu par la négative, visiblement gêné, avant de s’entendre asséner ce jugement lapidaire du même sénateur Turbin : »C’est bien de cela dont on parle aujourd’hui : votre droit à la vie privée. Il s’agit de votre droit et de savoir si vous êtes prêt à l’abandonner afin, je cite, de connecter le monde. Tout le monde devrait pouvoir contrôler la façon dont ses données sont utilisées« . Mark Zuckerberg le sait désormais : il est dans le viseur des politiques, presque sur la sellette, et il va falloir donner de vrais gages que sa création, devenue monopole de fait, garantira demain réellement la vie privée des utilisateurs.

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