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Ricoh présentera à Ars Electronica 2026 un prototype capable de reconnaître la manière dont une personne touche un objet et de produire une réponse physique. Baptisée SynTact, l’installation associe la technologie de détection du groupe japonais, de l’apprentissage automatique, une plante vivante et des vrilles robotiques. Elle sera accessible du 9 au 13 septembre à l’Open Futurelab de Linz, en Autriche.
Le projet, développé avec Ars Electronica Futurelab, n’est pas un produit commercial. Il sert à tester un principe d’interface : une surface ne se contente plus de détecter une présence ou une pression, mais cherche à identifier ce qui est touché, la façon dont le contact se produit et la nature de l’interaction. Les vrilles de la plante réagissent ensuite différemment selon les gestes des visiteurs.

Les environnements connectés utilisent déjà des capteurs pour mesurer l’occupation d’une pièce, la température, la consommation d’énergie ou l’ouverture d’une porte. Ces données décrivent généralement un état : quelqu’un est présent, une surface a été pressée, un objet a bougé. SynTact veut ajouter du contexte. Une main posée doucement, un contact bref ou une manipulation plus insistante peuvent produire des signatures différentes.
Ricoh ne publie pas encore la liste exacte des capteurs, leur résolution, la fréquence d’échantillonnage ni le modèle d’apprentissage automatique utilisé. Il serait donc incorrect de parler de compréhension au sens humain. Le système classe des motifs mesurés et associe ces catégories à des réponses prévues. Sa fiabilité dépend de l’entraînement, des utilisateurs, des matériaux, de la position des doigts et du bruit ambiant.
Cette distinction est essentielle pour imaginer les usages. Une table de travail pourrait reconnaître qu’un outil est saisi ou qu’un plan est exploré. Un espace public pourrait ajuster son éclairage ou son retour tactile selon l’interaction. Mais une démonstration artistique contrôlée ne prouve pas encore qu’un système fonctionnera avec des milliers de gestes, des surfaces sales, des gants ou des objets inconnus.
Le choix d’une plante vivante donne à SynTact une présence immédiatement compréhensible. Le visiteur ne manipule pas un bouton abstrait : il interagit avec un organisme dont l’apparence change et dont les appendices mécaniques répondent. Les vrilles ne transforment pas la plante en être conscient. Elles constituent la sortie visible du système de détection, de la même manière qu’un moteur, une lumière ou une vibration restituerait une décision ailleurs.
L’installation explore ce que ses concepteurs nomment l’interaction humain-machine « plus qu’humaine ». L’expression englobe ici les relations avec des entités non humaines, comme les plantes et les robots. Elle ne décrit pas une nouvelle catégorie technique normalisée. Ars Electronica utilise précisément ce type de prototype pour confronter une technologie à des questions de design, de perception et de comportement avant toute application industrielle.
La présence d’un végétal soulève aussi des limites utiles. Une plante varie avec l’humidité, la croissance, la température et la lumière. Si ses propriétés participent à la détection, le système doit distinguer ces évolutions du geste d’un visiteur. Si elle sert surtout de support visuel, la démonstration renseigne davantage sur le ressenti de l’utilisateur que sur un futur capteur biologique. Ricoh ne détaille pas encore cette répartition.
Ricoh et Ars Electronica Futurelab travaillent ensemble depuis 2022 sur le futur du travail. SynTact s’inscrit dans cette recherche, au croisement des capteurs, de la robotique, de l’intelligence artificielle et des jumeaux numériques. Un environnement capable d’identifier des interactions plus fines pourrait alimenter une représentation numérique d’une pièce avec davantage d’informations que de simples compteurs de présence.
Cette richesse crée en même temps un problème de vie privée. Déduire comment une personne touche une surface peut révéler une habitude, un niveau d’hésitation ou une limitation motrice. Avant un déploiement dans un bureau, il faudrait préciser quelles données sont enregistrées, où elles sont traitées, combien de temps elles sont conservées et si l’utilisateur peut refuser. Le communiqué présente un prototype de recherche et ne décrit pas encore cette gouvernance.
La comparaison avec des interfaces déjà commercialisées aide à garder la bonne échelle. Des dispositifs comme la souris contrôlée par la langue MouthPad répondent à une fonction précise avec des commandes définies. SynTact explore au contraire une grammaire de contact encore ouverte. Cette liberté convient à une installation, mais elle devra être réduite à des actions fiables avant de piloter un équipement critique.
Le communiqué officiel de Ricoh décrit SynTact comme expérimental et ne promet ni date de vente ni intégration prochaine dans un produit. Son intérêt vient justement de cette honnêteté : l’entreprise expose un banc d’essai tangible, avec lequel le public pourra interagir, plutôt qu’une image de bureau futuriste. Les observations recueillies à Linz pourront aider à déterminer quelles réponses paraissent intuitives et lesquelles restent ambiguës.
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