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Bill Gates, cofondateur de Microsoft, appelle à encadrer les transformations provoquées par l’intelligence artificielle, en proposant notamment une taxe sur cette technologie, la création d’une instance internationale de supervision et la réservation de certains emplois aux humains. Cette prise de position marque une rupture de ton pour une figure de la technologie qui, il y a encore un an, jugeait que l’IA aurait une contribution globalement positive pour l’humanité.

Dans les colonnes du New York Times, Bill Gates admet la difficulté de ce revirement : « Je n’aime pas annoncer de mauvaises nouvelles aux gens ou dire que l’innovation peut avoir des conséquences globalement négatives, mais nous en sommes là ». Il estime désormais que « le monde a besoin d’un plan » pour encadrer les effets de cette technologie sur les sociétés, dans un message qui rejoint une série de textes publiés récemment par d’autres dirigeants du secteur, de Dario Amodei (Anthropic) à Mark Zuckerberg (Meta), en passant par Sam Altman (OpenAI). Il précise toutefois qu’il ne faut pas attendre de ces dirigeants qu’ils prennent eux-mêmes l’initiative dans ce domaine.
Selon lui, sans mesures adaptées, le nombre d’emplois disponibles diminuera nettement à terme, une projection qui contraste avec les prévisions optimistes formulées par une partie du milieu de la tech, où beaucoup anticipent que l’IA créera davantage d’emplois qu’elle n’en détruira.
Bill Gates reprend l’idée, déjà défendue par Sam Altman, Dario Amodei ou Demis Hassabis (Google) lors du G7 d’Évian à la mi-juin, d’instaurer un organe international chargé de superviser l’intelligence artificielle. Il propose de s’inspirer de deux institutions existantes : l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Il défend par ailleurs la réservation de certains emplois aux humains afin de limiter l’impact de l’automatisation sur le marché du travail et de préserver la dimension relationnelle propre à certaines professions. Aujourd’hui principalement occupé par la présidence de sa fondation, Bill Gates anticipe une baisse des recettes fiscales issues des revenus du travail à mesure que l’automatisation progresse. Pour compenser cette perte, il propose d’instaurer une taxe sur les contenus produits par l’intelligence artificielle ainsi que sur les robots.
Au-delà de son effet fiscal, une telle taxe permettrait selon lui de « ralentir un peu la ruée vers » le travail automatisé, tout en servant à « lever de l’argent pour la formation et le renforcement de la protection sociale ».
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17 Oct. 2026 • 20:47
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