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YouTube a conclu un accord financier avec R.K.C., un adolescent américain de 15 ans qui accuse la plateforme d’avoir aggravé des graves troubles psychologiques, dont la dépression, l’anxiété et des idées suicidaires, en lien avec l’addiction aux réseaux sociaux. Cette transaction, conclue sans reconnaissance de responsabilité, retire Google du procès prévu le 27 juillet à Los Angeles et laisse Meta, TikTok et Snapchat seuls face à un dossier appelé à peser sur des milliers d’autres plaintes.

Google assume une ligne de défense minimale. Un porte-parole déclare : « Cette affaire a été résolue à l’amiable et nous restons concentrés sur le développement de produits adaptés à l’âge des utilisateurs et de contrôles parentaux à la hauteur de cet engagement ». Du côté du plaignant, les avocats John Morgan et Emily Jeffcott y voient un aveu de faiblesse stratégique : « La décision de YouTube de régler cette affaire avant d’avoir à affronter un jury parle d’elle-même ».
Au cœur de la plainte, les plateformes sont accusées d’avoir conçu des mécanismes destinés à capter l’attention des mineurs au profit des revenus publicitaires. Les avocats de R.K.C. visent notamment la lecture automatique des vidéos et le défilement infini, présentés comme des fonctions volontairement addictives capables d’encourager un usage compulsif.
En se retirant avant l’audience, YouTube évite qu’un jury se prononce publiquement sur ce dossier test. L’enjeu dépassait de loin un litige isolé : la procédure de Los Angeles doit servir de référence pour d’autres actions similaires déjà engagées à travers les États-Unis. Meta, TikTok et Snapchat, eux, restent pleinement exposés à cette séquence judiciaire.
Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large d’évitement du risque judiciaire chez les géants de la tech. En mars, Meta et Google ont déjà été condamnés à verser 6 millions de dollars dans une affaire comparable, un précédent qui a visiblement renforcé l’intérêt des groupes pour des règlements discrets plutôt qu’un affrontement public devant jury.
La pression judiciaire continue pourtant de monter. Plus de 30 États américains poursuivent Meta dans une affaire distincte, tandis que des milliers de plaintes restent en suspens au niveau national. En mai, un dossier porté par un district du Kentucky, qui regroupait 1 200 plaintes, s’est lui aussi refermé par un accord. Ce mouvement montre une chose : les plateformes préfèrent désormais acheter la paix au cas par cas plutôt que laisser un grand procès fixer une jurisprudence défavorable.
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