La course à la Lune prend une tournure nettement plus agressive. Un rapport du Mitchell Institute for Aerospace Studies estime que les États-Unis devraient préparer, dès maintenant, un programme de vols habités militaires capable d’envoyer un jour des membres actifs de la Space Force en orbite, dans des stations spatiales et potentiellement même sur la Lune !
La Chine au cœur des inquiétudes américaines
Le texte, signé par Kyle Pumroy, colonel retraité de l’US Space Force, affirme que les ambitions lunaires chinoises pourraient menacer les intérêts stratégiques américains. Pékin développe sa station Tiangong, maintient une présence humaine régulière en orbite basse et prépare un alunissage habité avant 2030.

Image tirée de la série For All Mankind
Selon le rapport, « la future sécurité spatiale américaine est en danger » si la Chine obtient un avantage dans l’accès lunaire, les infrastructures et les ressources. L’auteur estime que le pays capable d’établir une infrastructure durable entre l’orbite basse et la Lune pourra influencer les normes, les standards et l’économie spatiale de demain.
Un scénario en tension avec le droit spatial
Le traité de 1967 reste un garde-fou
Le traité de l’espace interdit toute revendication de souveraineté sur la Lune et limite les activités militaires sur les corps célestes. Il proscrit notamment les bases militaires, les manœuvres et les essais d’armes sur la Lune. Mais l’espace est déjà central pour les communications, le GPS, la surveillance… et les opérations militaires terrestres.
La proposition du Mitchell Institute ne constitue évidemment pas une décision officielle de Washington, mais elle traduit toutefois un changement de ton : désormais, la Lune n’est plus seulement envisagée comme un objectif scientifique ou économique, mais aussi comme un terrain de rivalité stratégique et géopolitique, un peu comme dans l’excellente série For All Mankind (visible sur Apple TV).
Une militarisation humaine de l’espace ouvrirait cependant une période extrêmement risquée. Entre les Débris orbitaux, les tensions diplomatiques, les risques d’armes nucléaires dans l’espace et peut-être donc un jour l’envoie de troupes « spatiales », c’est peu dire que l’on s’éloignerait à grande vitesse des aspects les plus universels, scientifiques et consensuels de la conquête spatiale.