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Amazon multiplie les bras de fer avec les créateurs de contenus…et récolte la tempête

Hachette, Disney, et derrière ces deux géants une myriade de plus petits studios ou éditeurs commencent à se rebeller face à la politique de prix cassé d’Amazon. Deux arguments opposés s’affrontent : d’un côté la politique à (très) bas prix d’Amazon, qui permet au géant de la distribution d’accroître sa domination sur le secteur de la vente de  biens de toute nature, et de l’autre celle des créateurs de contenus qui dans leur grande majorité estiment que cette politique ne leur permet même plus de rentrer dans leurs investissements initiaux.

En terme de coûts, il est vrai qu’Amazon ne dépense presque rien pour la vente des livres ou des films qui passent dans son échoppe. Comme l’aurait dit Lapalisse, qui ne dépense rien a moins à perdre à vendre moins cher ou à prix coûtant. Mais pour les éditeurs comme Hachette ou un studio de l’envergure d’un Disney, les frais inhérents à la création sont de l’ordre de plusieurs millions à plusieurs centaines de millions de dollars.

Jeff Bezos, Pdg d'Amazon

Jeff Bezos, Pdg d’Amazon, dans la tourmente…

Depuis qu’Amazon sur-domine le secteur de la vente de livres numérique (e-Books) c’est un fait établi (par quelques études du reste) que le secteur de la librairie connait une crise grave aux US, ne pouvant lutter à armes égales avec un distributeur de masse qui fixe les prix au niveau qui lui garantit l’extension de son marché, et qu’importe si  cela semble détruire au passage  tous les activités concomitantes qui elles ont besoin de rentabilité pour exister. Amazon peut bien aligner des trimestres consécutifs de pertes que Wall-Street continue de lui manger dans la main (cela a été un peu moins vrai au dernier trimestre), mais une librairie de quartier ne peut pas supporter des bilans comptables successifs sans mettre la clef sous la porte. Certes, Hachette n’est pas la librairie du quartier, mais la logique reste sur le fond la même : garantir la rentabilité d’un côté pour préserver l’activité, de l’autre sabrer dans la rentabilité afin d’écouler plus de livres par le biais de l’Amazon Store…et se mettre le consommateur de son côté.

L’argument qui revient souvent en faveur d’Amazon est celui de la très faible part des bénéfices que les studios ou les éditeurs reverseraient aux vrais créateurs, ce qui tendrait à démontrer que le prix du livre a de la marge à la baisse. Si l’on peut en effet estimer que les écrivains voire même certains réalisateurs ne sont pas rémunérés à hauteur de ce qu’ils rapportent, il n’en reste pas moins qu’ils gagneraient sans doute souvent moins à ne pas avoir le soutien marketing de grosses structures.Les écrivains totalement indépendants, pour l’immense majorité d’entre eux, vivent encore plus difficilement que ceux qui sont soutenus par une maison d’édition bien en place.

The Walt Disney Compagny Logo

Walt Disney s’oppose lui aussi frontalement au géant de la distribution, toujours pour des questions de tarifs

Surtout, ce sont les auteurs américains eux-même qui viennent de répliquer sur une pleine page du New-York-Times, exhortant Amazon à ne pas prendre les écrivains en otage pour mieux faire pression sur les éditeurs et les forcer à accepter ses conditions tarifaires. Pour rappel, plus aucune pré-commandes d’ouvrages de l’éditeur Hachette ou de nouveautés Disney ne sont affichées sur les boutiques d’Amazon. Les signataires de cet appel à la modération, parmi lesquels des auteurs aussi réputés que John Grisham, Stephen King ou bien encore Nora Roberts enjoignent donc Amazon à ne pas user de sa position dominante : « En tant qu’écrivains dont la plupart ne sont pas publiés par Hachette, nous pensons fortement qu’aucun distributeur de livre ne devrait bloquer les ventes d’un livre ou décourager les consommateurs de commander et recevoir les ouvrages qu’ils souhaitent. »

A force de pratiquer la politique du bras de fer, Amazon a fini par récolter les fruits amers d’un modèle économique qui ne semble satisfaire que ses seuls intérêts : les éditeurs, écrivains et libraires sont en colère, Wall Street émet des doutes, et même les consommateurs américains, jusqu’ici prompts à défendre la politique du plus faible prix possible, commencent à se poser des questions sur ces coups de force répétés d’une société en position dominante. Seul le Doj (Département de la Justice) ne semble, pour l’instant, pas y voir à mal…



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