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Richard Prince est un petit malin, ou quelqu’un qui joue à un jeu qui pourrait très bientôt ne plus en être un. Cet « artiste » New-Yorkais vient en effet d’ouvrir les portes de son exposition intitulée New Portraits, située dans la galerie Frieze Art Fair à New-York, et le contenu des oeuvres exposées a de quoi laisser pantois. Aux murs de cette galerie sont en effet exposés de simples agrandissements de photos Instagram, sans retouches, la seule « modification » de Richard Prince étant de rajouter une simple ligne de son crû dans l’espace réservé aux commentaires (sous le pseudo richardprince1234).

Vous ne rêvez pas : des photos Instagram affichées dans un musée comme s’il s’agissait d’oeuvres d’art
Si la méthode prête déjà le flanc à la critique, c’est encore pire lorsque l’on apprend que ces oeuvres sont proposées à la vente au prix de 90 000 dollars l’unité (et il y aurait même des acheteurs !). Les spécialistes du droit s’écharpent déjà sur les conséquences légales possibles au cas où l’un des utilisateurs viendrait à porter plainte pour non respect du droit à l’image. Pour certains, la simple modification des commentaires change la nature même de l’oeuvre tandis que pour d’autres au contraire, Richard Prince ferait mieux de provisionner quelques millions de dollars au cas où…

L’image « originale » sur le compte Instagram d’une demoiselle qui est au courant, et se demande si elle va porter plainte
A noter que l’artiste-photocopieur n’a pas vraiment cherché à se justifier, préférant traiter d’ « idiots » l’ensemble de ses détracteurs; charmant…
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Qu’en est-il d’instagram et facebook ?
Il ne faut pas confondre : la dimension artistique de son oeuvre ne repose pas dans le fait de montrer des agrandissements Instagram, mais dans le processus de production de cesdits agrandissements. En gros, Prince questionne de manière critique la notion d’auteur à l’heure des nouvelles technologies. En ce sens, votre article est bien, car il expose ces problématiques, mais avec certaines confusions, il me semble.
De cette manière, il aurait été intéressant — au lieu d’apposer un jugement moral sur Richard Prince, ce qui n’est pas le travail d’un journaliste — d’intégrer ces œuvres dans le contexte de création de l’artiste et de son travail. En gros contextualiser cette expo. Ne donner que cette information, de manière crue, c’est la tronquer.
Après, que certaines personnes achètent ça à 90k… Les clichés ont été vendus chez Gagosian, l’un des plus grands galeristes au monde, pas nécessairement le plus honnête. Questionner les cotes élevées de certains artistes (en réalité 1% du marché de l’art, mais 90 % de la presse) appartient à un autre débat.