La fuite d’air qui touche le segment russe de la Station spatiale internationale pourrait enfin connaître une issue radicale. Après des années de réparations partielles, l’agence russe Roscosmos envisagerait de condamner définitivement le compartiment PrK, un petit tunnel rattaché au module Zvezda, afin d’isoler la zone endommagée du reste de l’ISS.
Une fuite persistante dans le module Zvezda
Le problème remonte à 2019, lorsque de premières pertes d’air ont été détectées dans cette section utilisée pour accéder à un port d’amarrage russe. Depuis, cosmonautes et ingénieurs ont tenté à plusieurs reprises de colmater de minuscules fissures, avec des résultats inégaux. La fuite, longtemps limitée, aurait récemment augmenté jusqu’à environ deux livres d’air par jour.

La situation s’est tendue début juin, lorsque Roscosmos a identifié de nouvelles zones suspectes dans le PrK. L’agence russe prévoyait alors une réparation plus intrusive, impliquant le retrait d’un support porteur à l’aide d’une scie. La NASA s’est opposée à cette procédure, estimant que l’opération « aurait pu entraîner un risque accru pour la structure dans cette zone ».
La NASA a placé ses astronautes en sécurité
Par précaution, la NASA a demandé à cinq astronautes de rejoindre la capsule SpaceX Crew Dragon amarrée à la station, le temps d’évaluer le risque. L’alerte a été levée après la suspension de l’intervention russe, mais l’épisode a souligné la gravité de la situation.
La solution désormais envisagée consisterait à fermer durablement l’écoutille menant au PrK. Cette décision limiterait les pertes d’air, mais priverait les cosmonautes d’un accès à cette partie du segment russe et obligerait Roscosmos à réorganiser certaines opérations de ravitaillement. À l’approche de la fin de vie programmée de l’ISS, cette fuite rappelle la fragilité du laboratoire orbital lancé en 1998.