Le premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé aujourd’hui l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans au Royaume-Uni, avec l’ambition de faire adopter la loi avant Noël pour une entrée en vigueur « probablement vers le printemps ». en 2027.

Bientôt l’interdiction des réseaux sociaux au Royaume-Uni pour les jeunes
« Les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux. Ils facilitent le harcèlement et les abus », a déclaré le premier ministre, qualifiant la mesure d’« étape importante » pour le pays et les familles. Il a également annoncé des mesures qu’il qualifie d’« inédites à l’échelle mondiale » sur les plateformes de jeux vidéo et de streaming, où des inconnus peuvent actuellement contacter n’importe quel enfant sans aucun contrôle, un angle que les législations similaires dans d’autres pays n’ont pas encore adressé.
La décision ne sort pas du chapeau : elle s’appuie sur une consultation nationale lancée en janvier et close fin mai, qui a recueilli environ 116 000 contributions, dont celles d’adolescents, ce qui en fait la deuxième plus large de l’histoire du pays. Plus de 83 % des parents ayant répondu estiment que les risques des réseaux sociaux l’emportent sur leurs avantages pour les enfants et 91 % soutiennent un âge minimum de 16 ans avant que les plateformes ne puissent leur proposer leurs services. Ce niveau de consensus parental rare donne à Keir Starmer une assise politique solide pour défendre un texte qui ne manquera pas de susciter des résistances techniques et juridiques de la part des plateformes.
Il faut s’attendre à des contournements
Le premier ministre britannique reconnaît lui-même que des enfants pourront contourner la loi, comme ils le font pour l’interdiction d’achat d’alcool. Il balaie l’argument sans détour :
Nous ne disons pas : « Oh regardez, un adolescent a réussi à boire de l’alcool, donc autant ne pas interdire la vente d’alcool aux enfants ». Ce serait complètement absurde et je n’accepte tout simplement pas cet argument. Les lois sont des règles, mais ce sont aussi l’expression de nos valeurs. Elles façonnent le contrat social.
Cette position assumée tranche avec les débats techniques qui paralysent souvent ce type de législation. Sur le plan international, le Royaume-Uni rejoint un mouvement qui s’accélère : l’Australie a été pionnière en la matière, le Canada a annoncé la semaine dernière son intention de légiférer dans le même sens, et un projet de loi est à l’étude au Parlement français, avec un seuil fixé à 15 ans plutôt que 16.