GameStop, importante chaîne américaine de magasins de jeux vidéo (et propriétaire de Micromania), a adressé à eBay une offre de rachat non sollicitée de 55,5 milliards de dollars, proposant 125 dollars par action, soit une prime de 46 % sur la moyenne du cours depuis que le groupe a commencé à accumuler des titres. L’objectif de Ryan Cohen, patron de GameStop, est de faire d’eBay un acteur capable de rivaliser avec Amazon.

Une envie de concurrencer Amazon avec eBay
GameStop a acquis progressivement environ 5 % du capital d’eBay depuis le 4 février, constituant une position avant de dévoiler son intention. L’offre est financée à parité : moitié en actions GameStop et moitié en numéraire. Pour boucler le tour de table, Ryan Cohen dispose de 9,4 milliards de dollars de trésorerie propre au 31 janvier, auxquels s’ajoute une lettre d’engagement de TD Bank pour environ 20 milliards de dollars sous forme de dette. Au total, c’est une entreprise valorisée 11,89 milliards de dollars en Bourse qui tente de s’emparer d’une cible valorisée 46,21 milliards de dollars
Le patron de GameStop chiffre son plan de création de valeur en trois lignes : 1,2 milliard de dollars de réductions en ventes et marketing, 300 millions de dollars en développement produits et 500 millions de dollars en dépenses administratives, soit 2 milliards de dollars annualisés dans les 12 mois suivant la finalisation. À périmètre comparable, le bénéfice net par action d’eBay passerait de 4,26 à 7,79 dollars dès la première année.
« eBay devrait valoir davantage et vaudra davantage d’argent », a-t-il déclaré au Wall Street Journal. « Je pense à transformer eBay en quelque chose valant plusieurs centaines de milliards de dollars », a-t-il ajouté. « Cela pourrait constituer un concurrent sérieux pour Amazon », poursuit-il.
Déjà un plan B en cas de refus
Si la direction d’eBay reste non réceptive, Ryan Cohen a prévenu qu’il se tournerait directement vers les actionnaires. L’assemblée générale d’eBay est prévue en juin, mais la date limite pour soumettre des résolutions est dépassée.
Le patron de GameStop, qui ne perçoit ni salaire ni bonus et n’a pas de parachute doré, deviendrait PDG de la nouvelle entité. Depuis son arrivée en janvier 2021, il a redressé GameStop d’une perte nette de 381 millions de dollars à un bénéfice net de 418 millions de dollars en 2025, un bilan qu’il met en avant pour asseoir sa crédibilité.