Le monde de la BD perd l’une de ses signatures les plus reconnaissables entre toutes : Sam Kieth est décédé à l’âge de 63 ans. Figure singulière de la scène comics, il avait été diagnostiqué avec une démence à corps de Lewy, selon des informations relayées ces derniers jours par la presse spécialisée et de nombreux hommages publiés par ses pairs.
Un style “sans filtre” qui a bousculé DC, Marvel… et les lecteurs
Encre nerveuse, anatomies distordues, compositions imprévisibles : Kieth a imposé une esthétique immédiatement identifiable, à contre-courant des codes dominants. L’artiste s’est fait connaître à la fin des années 1980, avant de marquer l’histoire de DC en dessinant les premiers numéros de The Sandman aux côtés de Neil Gaiman. Kieth a ensuite touché à des personnages emblématiques, de Batman (avec notamment une histoire centrée sur le Pingouin) à Lobo (forcément), tout en multipliant les incursions chez Marvel sur des licences comme Wolverine, Hulk ou bien encore Spider-Man.

The Maxx, l’œuvre manifeste devenue phénomène pop
Mais c’est avec The Maxx, lancé chez Image Comics en 1993, que Kieth a cristallisé son aura. La série, menée sur 35 épisodes, a rapidement dépassé le cercle des initiés et a même connu une adaptation animée dans MTV Oddities, preuve de son impact sur la culture alternative des années 1990.

Des hommages unanimes dans l’industrie
Dans une vague de réactions, G. Willow Wilson a salué un créateur qui “a façonné toute une génération”. C. Robert Cargill a évoqué une œuvre “étrange et fondatrice”, tandis que Phil Hester a résumé l’empreinte laissée par Kieth : “Sam Kieth ne se pliait pas aux comics. Ce sont les comics qui se pliaient à lui.” Image Comics a, de son côté, rappelé “une voix et un regard uniques”.