Europe, la lune glacée de Jupiter, reste l’un des environnements les plus prometteurs du Système solaire dans la quête de vie extraterrestre. Une nouvelle hypothèse scientifique suggère désormais que des formes de vie microbienne pourraient y trouver une source d’énergie inattendue : la radioactivité naturelle émise par les roches du plancher océanique.
Des roches radioactives comme moteur biologique
Présentée lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union, cette étude avance que l’habitabilité potentielle d’Europe ne dépendrait pas uniquement de la chaleur interne de l’astre. Selon ce modèle, des éléments radioactifs présents dans les roches pourraient se diffuser dans l’océan souterrain et libérer de l’énergie lors de leur désintégration.

« Sur Terre, certains micro-organismes des fonds océaniques survivent sans lumière solaire, en exploitant des réactions chimiques », explique Ngoc Tuan Truong, scientifique planétaire à la NASA. Un processus appelé chimiosynthèse, qui pourrait également être à l’œuvre sous la croûte glacée d’Europe.
Un océan colossal sous la glace
Pour rappel, Europe abriterait un immense océan salé contenant plus de deux fois le volume d’eau de tous les océans terrestres réunis. Contrairement à d’autres lunes de Jupiter, cet océan serait en contact direct avec un fond rocheux relativement chaud. La désintégration naturelle de l’uranium et du potassium présents dans ces roches pourrait donc produire des ions exploitables par des formes de vie microbienne.
Une hypothèse bientôt testable
Les chercheurs estiment que cette source d’énergie pourrait soutenir jusqu’à un septillion de cellules vivantes, soit une biomasse équivalente à celle de milliers de baleines bleues. Une perspective que la mission Europa Clipper, lancée par la NASA en 2024 et attendue autour de Jupiter en 2030, pourrait permettre de vérifier.
Si cette théorie se confirme, cette dernière renforcerait alors l’idée que la vie peut émerger dans des environnements bien plus variés qu’on ne l’imaginait, même sous des kilomètres de glace et loin de toute lumière stellaire.
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