La fusion nucléaire promet de bouleverser les marchés mondiaux de l’énergie, mais la complexité technique de cette source d’énergie freine encore son déploiement industriel. Thea Energy, une jeune pousse américaine, affirme avoir trouvé une voie alternative qui consiste à concevoir un réacteur capable de fonctionner efficacement sans exiger une précision quasi parfaite lors de son assemblage.
Contrairement aux architectures traditionnelles, où chaque aimant doit être positionné au millimètre près, Thea mise sur une combinaison de matériel standardisé et de logiciels de contrôle avancés. « Nous pouvons corriger les défauts après coup », explique Brian Berzin, cofondateur et CEO de l’entreprise.

Un stellarator “virtuel” piloté par logiciel
Le cœur de cette technologie repose sur une nouvelle conception du stellarator (dispositif destiné à la production de réactions contrôlées de fusion nucléaire). Là où ces réacteurs utilisent habituellement des aimants aux formes complexes et coûteuses, Thea privilégie des centaines de petits aimants supraconducteurs identiques et organisés en réseaux. Le champ magnétique final est ajusté dynamiquement par logiciel afin de reproduire les formes nécessaires au confinement du plasma.

Un stellarator
L’IA pour corriger les défauts en temps réel
Les premiers tests ont démontré la robustesse du système, même avec des aimants volontairement mal positionnés ou fabriqués avec des matériaux imparfaits. Un algorithme, renforcé par des techniques d’apprentissage automatique, a su compenser automatiquement ces anomalies sans aucune intervention humaine.
Helios, un réacteur aux ambitions industrielles
À terme, le réacteur Helios viserait une production de près de 390 MW d’électricité, avec un taux de disponibilité proche de celui du nucléaire classique. Avant cela, Thea devra valider son concept avec un démonstrateur baptisé Eos dont la mise en service est envisagée autour de 2030.
Si cette nouvelle approche parvient à tenir ses promesses, la fusion ne serait alors plus très loin de la réalité commerciale… à quelques décennies près.
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