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Apple, Google, Facebook et encore d’autres entreprises américaines de technologie seraient sur le point de rendre compte à leurs utilisateurs de la moindre requête judiciaire les concernant. Devant le manque de réaction du gouvernement américain à statuer sur des publications plus précises portant sur les enquêtes fédérales qui s’appuient sur les données de ces entreprises, il semblerait que celles-ci aient décidé de s’en tenir au strict plan légal, soit le droit d’informer leurs utilisateurs lorsqu’un juge réclame leurs informations privées. Google a déjà mis à jour en ce sens les CLUF( contrat de licence utilisateur final) de ses différents services (Gmail, Google Maps, Chrome), ne faisant exception que lorsqu’un crime physique présente des risques imminents de réalisation. Autant dire que l’écoute massive sur de simples soupçons d’accointances avec des gens peu recommandables vient de prendre un grand coup dans l’aile.

Les agences américaines du renseignement et le Département de la Justice seraient bien sûr très peinés de ces nouvelles mesures, estimant que prévenir un coupable présumé revient à le pousser à effacer les preuves de ses méfaits. Pour autant, la ligne choisie par les entreprises est limpide, et revient à dire « si vous voulez enquêter de façon discrétionnaire, alors ne le faites pas dans un cadre d’autorisation légale s’appuyant sur notre collaboration active et obligatoire ». En clair, si le Département de la justice ou la NSA souhaitent enquêter sur un individu sans que celui-ci ne soit au courant de rien, ils sont maintenant priés de le faire par leurs propres moyens, et sans impliquer une partie tierce qui a des comptes à rendre à la fois sur le plan juridiques mais aussi vis à vis de ses clients.
Les experts estiment par ailleurs que c’est bien ce qui va maintenant se passer; plutôt que de prendre le risque que le présumé coupable ou le témoin sensible ne change ses comportements (ou pire efface ses données compromettantes) après avoir été prévenu d’une enquête à son sujet, la NSA et consorts utiliseront les bonnes vieilles méthodes à l’ancienne, soit le placement de micros ou le hack à distance des appareils informatiques. Le boulevard d’informations offert jusqu’ici par la participation des grosses entreprises de technologies ne pouvait durer qu’au prix d’une perte de confiance totale des clients et utilisateurs des services de ces mêmes entreprises. Entre la raison d’État et les milliards de dollars rapportés par leurs utilisateurs, les grosses sociétés du secteur High-Tech américain semblent avoir déjà choisi.
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