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La conquête spatiale reste une affaire périlleuse. Parmi ces victimes d’un secteur qui continue de fasciner les hommes, les pilotes d’essai paient souvent un lourd tribut, sans même que leur nom ne soit mentionné par les médias (et donc connus du grand public), alors que sans leur courage et leur expérience, toute cette technologie rutilante resterait dans un hangar. S’il convient de rappeler le rôle de ces héros anonymes, c’est que l’un deux vient à nouveau d’y laisser la vie, dans le test d’une fusée Virgin SpaceShipTwo destinée à convoyer des touristes spatiaux jusqu’à la limite orbitale de notre planète (pas vraiment dans l’espace, mais vraiment pas loin).

Après avoir obtenu il y quelques semaines à peine le droit administratif d’effectuer de nouveaux essais, la société Virgin avait fait décoller SpaceShipTwo dans la journée d’hier à 9h20 (16h20 heure française), dans la région du désert des Mojave. Pour une raison encore indéterminée, et quelques minutes seulement après la séparation de l’avion de lancement WhiteknightTwo, la navette de Virgin a « souffert d’une grave anomalie qui a conduit à sa destruction » selon un communiqué de l’entreprise. A noter que SpaceShipTwo embarquait pour la première fois en vol une nouvelle formule de combustible, mais aucune corrélation n’a pu encore être établie entre le drame et ce choix de carburant.
L’équipe de Virgin Galactic devant le SpaceShipTwo
Malgré cet accident qui a donc coûté la vie d’un pilote d’essai, le patron de Virgin, le sémillant milliardaire Richard Branson, a indiqué que sa société continuerait d’avancer : « l’espace est dur » a t-il déclaré après l’incident, « mais il le mérite« .
Le programme spatial de Virgin ne s’arrêtera donc pas sur ce seul évènement dramatique, ce qui ne devrait pas contenter les nombreux détracteurs d’un projet qui ne vise aucune espèce de découverte scientifique mais se fixe pour seul but de permettre à quelques individus plutôt (très) riches (250 000 dollars le billet), de faire un peu de tourisme spatial. Outre quelques doux rêveurs argentés, de nombreuses personnalités ont déjà réservé leurs places, à l’instar de Leonardo Di Caprio. Les opposants au projet arguent du coût écologique très élevé de ce type de mission (répété puisqu’il s’agit ici de tourisme spatial), alors que le gain pour l’humanité dans son ensemble est quasi nul (pas d’expériences scientifiques à bord, pas d’avancées technologiques majeures à tester, pas de nouvelles planètes habitables à aller chercher, etc…).
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