Ne manquez plus aucune de nos publications :
Nvidia vient de franchir un nouveau seuil dans l’expansion du marché de l’intelligence artificielle. Le fabricant de processeurs graphiques a enregistré un chiffre d’affaires de 96,22 milliards de dollars au deuxième trimestre de son exercice fiscal 2027, clos le 26 juillet. Ses revenus ont ainsi plus que doublé en un an et dépassé les attentes des analystes, établies autour de 92,2 milliards de dollars.
L’entreprise ne prévoit pas de ralentissement immédiat. Elle table sur environ 108 milliards de dollars de revenus pour le trimestre en cours, avec une marge d’incertitude de 2 %. Nvidia va même jusqu’à anticiper une croissance d’environ 70 % pour son exercice fiscal se terminant en janvier 2028, alors que le consensus de Wall Street se situait jusqu’ici autour de 44 %.
Ces chiffres prolongent une progression déjà spectaculaire. En mai, Nvidia avait annoncé un premier trimestre record et visait alors 91 milliards de dollars de revenus. Trois mois plus tard, le groupe a dépassé cet objectif malgré les restrictions commerciales et les tensions persistantes sur certains composants.

La division consacrée aux centres de données a généré 89 milliards de dollars sur le trimestre, soit plus de 92 % du chiffre d’affaires total. Ses revenus ont plus que doublé en un an. L’écart avec les autres activités de Nvidia montre à quel point l’entreprise s’est transformée : le spécialiste historique des cartes graphiques pour joueurs est devenu avant tout un fournisseur d’infrastructures pour l’IA.
Cette domination repose sur un ensemble beaucoup plus large que les seules puces. Nvidia commercialise des accélérateurs, des processeurs, des équipements réseau, des interconnexions à très haut débit et une importante couche logicielle. Les clients peuvent ainsi construire un centre de données autour d’une plateforme cohérente, au lieu d’assembler séparément les composants de plusieurs fabricants.
La nouvelle génération Vera Rubin commence par ailleurs à être livrée. Nvidia estime qu’elle pourrait déjà représenter environ un cinquième de ses revenus liés aux centres de données durant le trimestre en cours. Cette montée en puissance doit assurer la transition après Blackwell tout en augmentant la quantité de calcul disponible pour l’entraînement et l’utilisation des modèles d’IA.
La demande ne provient plus seulement des grands fournisseurs de cloud traditionnels. Nvidia affirme que les laboratoires d’intelligence artificielle pourraient représenter près d’un quart de son activité l’année prochaine. Les opérateurs spécialisés comme CoreWeave et Nebius continuent eux aussi d’accroître leurs capacités, tandis que les gouvernements et les industriels développent leurs propres infrastructures.
Le problème de Nvidia n’est donc pas de trouver des clients, mais de produire suffisamment de systèmes. La directrice financière Colette Kress a indiqué que l’entreprise restait contrainte par l’offre. Les prévisions communiquées par les clients laisseraient entrevoir une demande susceptible de doubler l’année prochaine, sans que Nvidia puisse nécessairement la satisfaire dans son intégralité.
Les tensions concernent notamment la mémoire à haute bande passante utilisée avec les accélérateurs d’IA. Ces composants doivent transmettre des volumes considérables de données au processeur et leur disponibilité conditionne le nombre de systèmes complets pouvant être livrés. Une pénurie de mémoire ne bloque donc pas uniquement un composant secondaire : elle peut immobiliser une infrastructure valant plusieurs millions de dollars.
La hausse du prix de la mémoire et d’autres éléments doit également peser sur les marges. Nvidia s’attend à voir sa marge brute descendre vers 71 à 72 % au quatrième trimestre, contre environ 74 % au troisième. Le niveau resterait exceptionnel pour un fabricant de semi-conducteurs, mais cette baisse rappelle que l’explosion du chiffre d’affaires entraîne aussi des coûts industriels, logistiques et financiers.
La Chine demeure un autre point d’incertitude. Nvidia n’a pas intégré de revenus provenant des puces pour centres de données vendues dans ce pays à ses prévisions. Les autorisations américaines, les décisions de Pékin et les restrictions portant sur les modèles les plus puissants rendent cette activité difficile à anticiper.
Nvidia communique généralement des prévisions portant sur un seul trimestre. L’estimation d’une croissance de 70 % pour l’exercice 2028 constitue donc un signal particulièrement fort. Elle suppose que les investissements dans l’IA continueront à progresser, malgré les interrogations sur leur rentabilité et les craintes d’une bulle financière.
Cette confiance s’appuie notamment sur l’engagement des grands groupes technologiques. Amazon doit ajouter deux millions de GPU Nvidia à ses infrastructures mondiales en 2027 et 2028, un projet déjà détaillé par KultureGeek dans son article sur la commande de GPU d’Amazon. Meta, Google, Microsoft et de nombreux acteurs spécialisés dépensent également des dizaines de milliards de dollars pour augmenter leurs capacités de calcul.
Le bénéfice net trimestriel a atteint 59,69 milliards de dollars, contre 26,42 milliards un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action s’est établi à 2,22 dollars, dépassant là encore les prévisions. Les investisseurs ont cependant autant surveillé les marges et les contraintes d’approvisionnement que le niveau absolu des bénéfices.
Nvidia confirme ainsi sa position centrale dans l’économie de l’IA, tout en révélant le principal risque de son modèle actuel. La demande paraît suffisamment forte pour soutenir plusieurs années de croissance, mais les performances dépendront désormais de la disponibilité de la mémoire, de la montée en cadence de Vera Rubin et de la capacité des clients à transformer leurs dépenses massives en services rentables.
Les rumeurs ne s’étaient pas trompées. Nvidia s’apprêterait à réaliser une acquisition majeure dans...
L’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, entrée en vigueur en Australie le 10 décembre 2025, avait...
Le nom Twitter réapparaît sur un nouveau réseau social, trois ans après son abandon au profit de X. La société...
Des chercheurs ont développé une plateforme robotisée capable de concevoir et de tester des codes génétiques...
Google ouvre Gemini 3.5 Transcribe aux développeurs, avec l’ambition de proposer une transcription vocale plus précise et plus...
27 Aug. 2026 • 14:20