Colossal Biosciences ne plaisante pas concernant son projet de « désextinction ». La start-up américaine affirme en effet avoir fait éclore des poussins à partir d’un œuf artificiel conçu en titane imprimé en 3D et en silicone « bio-ingénieré ». Cette technologie doit servir, à terme, à recréer des espèces d’oiseaux disparues, dont le moa géant de Nouvelle-Zélande.
Un œuf artificiel qui imite la coquille naturelle
L’innovation repose ici sur une structure capable de reproduire certaines fonctions vitales d’un véritable œuf. Sa membrane semi-perméable laisse sortir le dioxyde de carbone et entrer l’oxygène, permettant ainsi à l’embryon de respirer pendant son développement. Colossal affirme même que son système atteint une capacité de transfert d’oxygène de 21 %, légèrement supérieure à celle d’une coquille de poule classique.

Crédit : Colossal Biosciences
La seule limite majeure concerne le calcium. Dans un œuf naturel, l’embryon puise une partie de ce minéral dans la coquille. Avec une structure en titane et silicone, Colossal doit donc compléter cet apport artificiellement.
Un outil pour la conservation et la « désextinction »
Du poussin au moa géant
Pour Andrew Pask, directeur scientifique de Colossal, le génome ne suffit pas : encore faut-il disposer d’un environnement adapté pour faire grandir l’embryon. L’œuf artificiel pourrait donc servir aussi bien à des projets de conservation d’espèces menacées qu’à des tentatives plus spectaculaires de résurrection biologique.

Crédit : Colossal Biosciences
Le défi devient immense avec le moa géant. Cet oiseau disparu pouvait dépasser 2 mètres de haut, et ses œufs atteignaient environ 80 fois le volume d’un œuf de poule. Aucun oiseau vivant ne pourrait raisonnablement jouer le rôle de mère porteuse pour une telle espèce.
«La prochaine étape est double : l’échelle et le format », explique Ben Lamm, le CEO de Colossal Biosciences. « Nous allons donc à la fois vers le plus petit et le plus grand. Plus petit avec le pigeon, puis plus grand avec, je crois que nous avons décidé, l’émeu. ». Si la promesse technologique se confirme, cet œuf artificiel pourrait donc devenir une brique essentielle de la biotechnologie animale, de quoi révolutionner la conservation voire la résurrection de certaines espèces rares ou disparues.
Un commentaire pour cet article :