Le cinéma américain tient peut-être son prochain grand sujet de controverse : un thriller centré sur le Bitcoin présenté comme le premier long-métrage à gros budget à faire un usage massif d’images générées par intelligence artificielle. Le film, intitulé Bitcoin: Killing Satoshi (en référence à Satoshi Nakatomo, le créateur supposé du Bitcoin) réunit Doug Liman à la réalisation et un casting mené par Gal Gadot, Casey Affleck et Pete Davidson. Mais au-delà des noms en tête d’affiche, c’est surtout la méthode de réalisation qui attire l’attention tant elle semble vouloir faire de l’IA un argument central de promotion (ou de répulsion pour certains).
Un film tourné dans un décor vide, reconstruit ensuite par des outils IA
Selon ses producteurs, le long-métrage a été capté sur une scène spécialement conçue pour ce type de workflow, avec des murs nus et un éclairage minimaliste. L’essentiel des décors, de l’ambiance visuelle et d’une partie importante de l’habillage du film serait ensuite généré en postproduction à l’aide d’outils d’intelligence artificielle. Ryan Kavanaugh défend ce choix en expliquant que le scénario comprend « environ 200 lieux distincts, de l’Antarctique à Antigua en passant par Las Vegas », ce qui aurait été selon lui, « manifestement impossible à produire » par des moyens traditionnels.

L’IA pour baisser les coûts… et servir d’argument marketing ?
Les producteurs affirment que cette approche aurait permis de faire chuter le budget du film d’environ 300 millions de dollars à « seulement » 70 millions. L’usage massif de l’IA l’IA serait moins ici une « coquetterie » technologique qu’un moyen de rendre faisable un projet jugé initialement trop coûteux. Reste que l’usage de l’IA, même justifié par les coûts de production, risque fort de relancer le débat sur l’avenir des métiers « techniques » du cinéma (décorateurs notamment, SFX), un débat qui pourrait bien nuire à la communication autour du film…
Des humains partout… mais l’IA au centre du récit
Conscients de cette défiance, les producteurs du film insistent sur la présence de nombreux techniciens, comédiens et artistes impliqués dans la production. L’un des producteurs souligne d’ailleurs qu’« Il y a énormément de travail humain derrière ce film. », des propos qui semblent déjà vouloir désamorcer la polémique qui ne manquera pourtant pas d’advenir…
Reste que Bitcoin: Killing Satoshi semble déjà se vendre moins comme un thriller que comme une sorte de « manifeste » technologique n’hésitant pas à surfer sur les deux mots les plus « explosifs » dans le secteur de la tech, l’IA et le Bitcoin. En associant deux symboles de l’époque — l’intelligence artificielle et la cryptomonnaie — Hollywood s’attaque à ses risques et périls à un imaginaire aussi fascinant… que clivant.
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