La NASA vient de prendre une nouvelle décision difficile pour prolonger la vie de Voyager 1, l’objet fabriqué par l’homme le plus éloigné de la Terre. Face à une baisse inattendue de puissance, les ingénieurs ont choisi d’éteindre l’un des derniers instruments scientifiques encore actifs à bord. Cette décision illustre la situation délicate d’une mission historique qui, près de cinquante ans après son lancement, continue malgré tout d’envoyer des données uniques depuis l’espace interstellaire.
Un arrêt forcé pour éviter une panne plus grave
L’instrument concerné est le LECP, dont le rôle est de mesurer les particules chargées de faible énergie, notamment des ions, des électrons et des rayons cosmiques. A la fin du mois de février, une manœuvre de rotation a entraîné une chute de puissance imprévue de la sonde. Pour la NASA, le risque était alors qu’une nouvelle baisse puisse déclencher automatiquement les systèmes de protection du vaisseau et provoquer des coupures incontrôlées.

Kareem Badaruddin, responsable de la mission Voyager au JPL, résume ainsi la situation : « Même si l’arrêt d’un instrument scientifique n’est la préférence de personne, c’est la meilleure option dont nous disposons. » L’équipe espère ainsi gagner environ un an pour finaliser une solution d’économie d’énergie mieux optimisée.
Une mission au bord de l’épuisement, mais toujours irremplaçable
L’énergie de Voyager 1 provient de la chaleur du plutonium convertie en électricité. Or la sonde perd environ 4 watts par an, un déclin inexorable qui oblige les ingénieurs à choisir quels systèmes conserver. Après l’arrêt du LECP, seuls deux instruments scientifiques restent encore pleinement opérationnels : « Voyager 1 dispose encore de deux instruments scientifiques en fonctionnemen » explique Badaruddin « Ils marchent toujours très bien et renvoient des données depuis une région de l’espace qu’aucun autre engin humain n’a jamais explorée. »
Le projet « Big Bang » pour repousser l’échéance
La NASA prépare désormais un plan baptisé « Big Bang », qui doit remplacer certains éléments alimentés par des versions moins énergivores. L’agence spatiale américaine sait que chaque watt économisé prolonge un peu plus le lien fragile entre la Terre et sa sonde légendaire. L’aventure Voyager 1 se poursuit donc désormais grâce aux efforts et aux « bricoles technologiques » de ces équipes d’ingénieurs et de scientifiques pour maintenir à flot ce qui peut l’être.