L’U.S. Army muscle sa stratégie « software-first » et annonce avoir signé un accord-cadre de 10 ans avec la startup de défense Anduril, un contrat dont la valeur maximale pourrait atteindre 20 milliards de dollars (environ 18,4 milliards d’euros). Le dispositif démarre par une période de base de cinq ans, assortie d’une option de prolongation de cinq ans supplémentaires.
Un « contrat unique » pour remplacer plus de 120 achats séparés
Dans son communiqué, l’armée explique que l’accord regroupe en un seul contrat ce qui représentait jusqu’ici plus de 120 procédures d’achat distinctes autour des solutions commerciales d’Anduril. Le périmètre annoncé est large et va du matériel aux logiciels en passant par les infrastructures et services, avec un objectif de déploiement plus rapide sur le terrain.

Un drone Anduril
Le logiciel devient un enjeu opérationnel
Le Pentagone assume ce virage. « Le champ de bataille moderne est de plus en plus défini par le logiciel », a déclaré Gabe Chiulli, CTO au bureau du Chief Information Officer du Département américain de la Defense. « Pour conserver notre avantage, nous devons être capables d’acquérir et de déployer des capacités logicielles avec vitesse et efficacité. »
Anduril, vitrine des technologies de défense
Cofondée par Palmer Luckey (ex-fondateur de la société VR Oculus), Anduril s’est imposée avec des systèmes autonomes et des capteurs orientés défense. Le contrat intervient aussi dans un climat de concurrence accrue autour de l’IA militaire : le DoD est actuellement en bras de fer avec Anthropic, tandis qu’OpenAI a essuyé de nombreuses critiques après la signature d’un accord distinct avec le Pentagone.

Palmer Luckey, CEO et co-fondateur d’Anduril
Pour Anduril, cet engagement sur dix ans ressemble à une consécration : moins de micro-contrats, plus de volume, et une place centrale dans la transformation numérique des forces armées américaines. Palmer Luckey a brillamment réussi sa conversion du marché grand public vers le secteur militaire, à croire que sa mise au ban (pour des raisons strictement idéologiques) lui a été finalement très profitable.