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Trois chercheurs français (Paul Loubeyre et Florent Occelli du CEA, Paul Dumas du CNRS) viennent sans doute de prouver l’intuition géniale (et ancienne) du scientifique américain Eugene Wigner : soumis à des températures très basses et à une pression extrêmement élevée, l’hydrogène (H) se comporte alors comme un métal conducteur, ce qui signifie que l’unique électron de l’atome d’hydrogène n’est plus tributaire de l’attraction de l’unique proton.

Pour parvenir à ce résultat proprement stupéfiant, nos chercheurs français ont placé l’hydrogène dans une chambre haute pression à -192°C et ont ensuite soumis les atomes à une pression gigantesque grâce à une presse à enclume de diamant (4,25 millions de fois la pression de l’atmosphère terrestre). Les scientifiques ont ainsi pu observer via l’instrument SOLEIL« le changement de phase, obtenir la signature du caractère métallique de l’échantillon sous pression et déterminer avec une grande précision la pression d’apparition du phénomène ».
L’expérience devra être reproduite avant d’être validée (d’où l’emploi du conditionnel), mais les scientifiques imaginent déjà pouvoir synthétiser l’hydrogène « sous forme d’alliage, avec d’autres métaux ».
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