L’usage massif de l’intelligence artificielle générative par les étudiants commence à produire un effet mesurable sur les universités. Une étude de l’UC Berkeley conclut ainsi que les outils comme ChatGPT alimentent une inflation des notes, particulièrement dans les cours reposant sur des devoirs écrits, du code ou des travaux à rendre à la maison.
Des « A » en forte hausse depuis ChatGPT
Le chercheur Igor Chirikov a analysé plus de 500 000 notes d’étudiants, réparties dans 84 départements d’une grande université texane entre 2018 et 2025. Résultat : dans les cours les plus exposés à l’IA, la part des meilleures notes a augmenté de 13 points, soit environ 30 % de plus par rapport au niveau de 2022.

Le phénomène est surtout visible lorsque les devoirs non surveillés pèsent lourd dans la note finale. L’étude distingue trois usages de l’IA : l’assistance, qui aide l’étudiant à progresser ; la création de nouvelles tâches ; et la substitution, lorsque l’outil réalise le travail à sa place. C’est cette dernière pratique qui inquiète le plus.
Un signal d’alarme pour les diplômes et le marché du travail
Princeton et Harvard réagissent
Si les notes montent sans que les compétences suivent, les diplômes deviendront moins « lisibles » pour les employeurs. Igor Chirikov prévient : « Si l’IA remplace les tâches qui construisent les compétences pendant l’apprentissage, les étudiants pourraient obtenir leur diplôme avec des capacités plus faibles précisément dans les domaines où l’IA est la plus forte. »
Certaines universités commencent déjà à durcir leurs règles. Princeton a ainsi voté le retour de la surveillance des examens en présentiel, modifiant une tradition vieille de 133 ans fondée sur le code d’honneur. À Harvard, une proposition vise à limiter les notes A à 20 % d’une classe.
L’IA ne condamne pas (encore) l’éducation, mais elle oblige déjà les universités à repenser leur système d’évaluation. L’enjeu n’est donc plus seulement de détecter la triche, mais de préserver ce que les notes sont censées mesurer : l’apprentissage réel des étudiants, et leurs compétences futures.