Bien avant l’âge d’or des jeux en full-motion video dans les années 1990, Nintendo expérimentait déjà l’usage d’images filmées dans ses bornes d’arcade. C’est précisément ce passé méconnu que le collectionneur et vidéaste Callan Brown vient de remettre en lumière en recréant Wild Gunman, un jeu de tir sorti en 1974 et aujourd’hui quasiment introuvable en état de marche. Son projet redonne vie à une pièce rare de l’histoire vidéoludique, à mi-chemin entre cinéma mécanique, borne électromécanique et proto-jeu vidéo.
Une borne pionnière, bien avant Dragon’s Lair
Wild Gunman reposait sur un principe aussi simple que fascinant : des séquences tournées en 16 mm montraient des pistoleros s’avançant face au joueur, qui devait dégainer au bon moment avec un pistolet optique. Lorsque les yeux du tireur adverse clignotaient, il fallait tirer plus vite que lui. Si le joueur réussissait, le film basculait alors vers une séquence où l’ennemi s’effondrait, sinon, c’était l’échec immédiat.
Brown résume l’importance de sa découverte : « Je savais qu’il y avait ici quelque chose de spécial. » L’ ambition du collectionneur-bricoleur n’était pas seulement de préserver quelques bobines anciennes, mais de reconstruire une expérience jouable cohérente à partir des quelques éléments retrouvés.
Une résurrection entre fidélité historique et modernisation technique
Faute de disposer de tous les composants d’origine, Callan Brown a complètement repensé la borne : les projecteurs 16 mm ont été remplacés par un projecteur numérique affichant des scans 4K des bobines retrouvées, tandis que le gameplay est désormais géré par Unity et certains éléments électroniques par Arduino.
Un morceau d’histoire sauvé de l’oubli
Le résultat n’est pas une copie parfaite (quoiqu’on en est pas loin), mais une restauration pensée comme un hommage. Brown affirme même qu’il s’agit « du seul Wild Gunman jouable en Amérique du Nord, et peut-être au monde ». En redonnant vie à cette borne d’arcade absolument mythique, Callan Brown nous rappelle que l’histoire du jeu vidéo ne s’est pas écrite seulement avec des puces et des sprites, mais aussi avec des bobines, de la lumière et des idées incroyablement audacieuses pour leur époque.