L’univers de Black Mirror s’apprête à quitter l’écran pour prendre corps dans une expérience immersive en réalité virtuelle. La franchise créée par Charlie Brooker va bientôt se décliner sous la forme d’une attraction en VR, attraction pensée pour plonger les visiteurs dans une dystopie technologique directement inspirée de la série. Avec ce projet, l’une des anthologies les plus marquantes de l’ère du streaming s’étend hors du format télévisé et confirme que son imaginaire reste particulièrement adapté aux dispositifs interactifs (il y a déjà eu un jeu mobile Black Mirror intitulé Bandersnatch). Ce choix n’a rien d’anodin : la VR en salle cherche depuis plusieurs années des licences fortes capables d’attirer un public au-delà du cercle des passionnés de réalité virtuelle.
Une expérience immersive conçue comme un épisode à vivre
Développée par le studio Univrse en collaboration avec Banijay Live Studio, The Black Mirror Experience ne se contentera pas d’aligner les références à la série : le projet entend s’appuyer sur l’ADN de l’œuvre de Brooker, soit celui d’un rapport troublé à la technologie, où l’innovation promet de simplifier la vie avant de révéler sa part (très) sombre. Les visiteurs seront plongés dans un scénario inédit mêlant décor physique et casque VR, avec une structure pensée pour les placer face à des choix moraux difficiles rappelant ceux des personnages de la série.

L’expérience s’articule autour d’un faux showroom de haute technologie : ce dernier est centré sur une entreprise fictive sur le point de présenter un robot censé comprendre les désirs de ses utilisateurs et les aider à devenir la meilleure version d’eux-mêmes. Comme souvent dans Black Mirror, tout commence de façon rassurante avant que le malaise ne s’installe progressivement.
Montréal servira de point de départ
Le lancement est prévu à Montréal le 21 mai prochain au sein du site Infinity Experience, avant un déploiement annoncé dans d’autres grandes villes. L’attraction pourra accueillir jusqu’à six participants à la fois et sera proposée en plusieurs langues (l’ambition du projet est donc clairement internationale).
Black Mirror semble taillé pour ce format
Le mariage entre Black Mirror et la VR apparaît presque naturel. La série explore depuis ses débuts les dérives de l’immersion, de l’intelligence artificielle, des interfaces et des systèmes numériques qui reconfigurent les comportements humains. La transformer en expérience vécue, où les participants doivent eux-mêmes naviguer dans un environnement technologique ambigu (pour ne pas dire inquiétant), revient à plonger spectateur au cœur même de cette structure narrative dystopique et malaisante.
Une nouvelle étape dans l’extension des grandes franchises vers l’expérience physique
Avec ce projet, Banijay poursuit une tendance de fond du divertissement contemporain, qui consiste à: faire sortir les licences audiovisuelles de leur support d’origine pour les transformer en expériences à vivre (littéralement ici). Concernant Black Mirror, l’enjeu va même au delà : il ne s’agit pas seulement de proposer une attraction dérivée, mais de tester ce que devient une dystopie technologique lorsqu’elle n’est plus simplement regardée, mais habitée. Une véritable mise en abime du propos initial de la série.