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La miniaturisation électronique vient de franchir un nouveau pallier : des chercheurs ont en effet réussi à intégrer de véritables circuits intégrés dans des fibres textiles plus fines qu’un cheveu humain ! Cette avancée technologique spectaculaire pourrait bouleverser à la fois le secteur des objets connectés, l’industrie textile et certaines applications médicales de pointe.
Les fibres intelligentes existent depuis plusieurs années, notamment pour intégrer des capteurs ou des éléments conducteurs dans les vêtements. Mais l’équipe de l’université Fudan, en Chine, est allée beaucoup plus loin en créant ce qu’elle appelle des fibre integrated circuits, capables d’héberger jusqu’à 100 000 transistors par centimètre. Autrement dit, une véritable puce électronique est désormais dissimulée dans un fil quasiment invisible.
Contrairement aux solutions précédentes, cette technologie ne se contente pas de capter des données, et permet aussi de les traiter localement, directement au cœur de la fibre, ouvrant ainsi la voie à des textiles réellement intelligents, autonomes et réactifs.
Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont mis au point une structure multicouche en spirale. Les transistors sont imprimés sur un film souple puis enroulés à l’intérieur de la fibre, ce qui lui permet de supporter étirements, torsions et milliers de cycles de flexion. Malgré son diamètre d’environ 50 micromètres, cette fibre continue de fonctionner après des lavages répétés et même après avoir subi des contraintes mécaniques extrêmes.
À court terme, ces fibres pourraient donner naissance à des vêtements capables d’afficher des informations lumineuses, de réagir au toucher ou d’intégrer des fonctions de navigation et de suivi de santé. Mais les chercheurs voient plus loin. « Les gants tactiles intelligents fabriqués avec des puces en fibre sont indiscernables d’un tissu ordinaire », explique Chen Peining, co-auteur de l’étude. Ils pourraient permettre à des chirurgiens de ressentir la texture des tissus lors d’interventions à distance ou offrir un retour haptique réaliste en réalité virtuelle.

Demain, des vêtements à l’apparence changeante comme la combinaison thermoptique du Major dans Ghost in the Shell ?
La finesse et la souplesse de ces fibres les rendent également adaptées à des implants médicaux, notamment pour traiter certaines pathologies neurologiques comme la maladie de Parkinson ou l’épilepsie.
Contrairement à de nombreuses innovations de laboratoire, cette technologie a été conçue pour être compatible avec les procédés industriels existants. « Notre méthode est pleinement adaptée aux outils de fabrication des semi-conducteurs », souligne Chen Peining, ajoutant qu’un processus de production de masse est déjà opérationnel.
Voilà qui ouvre la voie à une nouvelle génération d’objets connectés discrets, durables et profondément intégrés à notre quotidien, où le tissu devient interface, capteur et processeur à la fois.
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