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C’était inéluctable après les annonces de ces derniers mois. Microsoft a publié son 2024 Sustainability Report, et les conclusions frôlent le catastrophique. L’an dernier, la firme de Redmond a augmenté ses émissions de gaz à effets de serre de 29% et de consommation d’eau de 23%, principalement en raison des « nouvelles technologies, y compris l’IA générative. » C’est malheureusement mécanique : Microsoft a énormément misé sur l’IA générative (désormais au coeur d’AI Copilot), et l’IA demande de très grosses ressources en serveurs… qui eux même ont besoins d’énormes quantités d’électricité et d’eau (pour le refroidissement). Comme il faut des ressources électriques constantes pour le fonctionnement des serveurs (qui ne s’arrêtent pas la nuit ou selon la météo), dans la plupart des pays où ces serveurs sont installés, c’est l’énergie fossile qui sert in fine à alimenter les fermes de serveurs dédiées à l’IA.

« Nous avons observé des changements majeurs dans le secteur technologique et dans notre compréhension de ce qu’il faudra pour atteindre nos objectifs climatiques », déclare Microsoft dans son rapport. « Le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre des objectifs climatiques cruciaux, et nous voyons de nombreux défis mondiaux se refléter dans notre propre situation. » Tout à son objectif, Microsoft joue donc l’impuissance, alors même qu’il est le seul décisionnaire de ses choix stratégiques. Il serait en fait possible de refroidir autrement les serveurs (installation dans des zones géographiques froides, serveurs sous-marin), mais les coûts d’installation se mettraient alors à exploser, et comme nous le montre l’actualité récente chez Xbox, Microsoft ne semble pas réellement prêt à dépenser de l’argent pour atteindre ses objectifs climatiques, malgré une promesse en deux phrases dans le rapport : « Nos nouveaux centres de données sont conçus et optimisés pour prendre en charge les charges de travail d’IA et ne consommeront pas d’eau pour le refroidissement. Cette initiative vise à réduire encore notre dépendance mondiale aux ressources en eau douce à mesure que les demandes de calcul d’IA augmentent. »

Des serveurs sous-marins avaient pourtant bien été testés (avec succès) par Microsoft il y a déjà quelques années, mais le géant américain n’avait pas étendu cette solution au delà de l’essai isolé. Y’a t-il de vraies raisons cette fois de croire ces nouvelles promesses, ou faudra t-il attendre une décision des régulateurs pour forcer la main de la firme ? Pour ne rien arranger, Microsoft n’est évidemment pas la seule société à avoir augmenté sa consommation d’eau dans la foulée des investissement dans l’IA. Amazon, Google et Meta ont signalé récemment que leur consommation d’eau avait très fortement augmenté sur l’année 2023. Au delà des promesses et à titre d’exemple, les serveurs américains de Microsoft sont en train de lourdement impacter le bassin du fleuve Colorado. Il va donc falloir agir vite.
Au final, l’annonce des 23,6 millions de MWh d’énergie renouvelable en 2023 ne parvient pas vraiment tempérer ce sentiment global que le cynisme financier est en train de l’emporter sur tout le reste. Microsoft a déjà prévu de reprendre le site de Foxconn dans le Wisconsin pour y bâtir une nouvelle ferme de serveur géante dédiée à l’IA.
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