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La Federal Aviation Administration commencera ce mois-ci le déploiement de SMART, un logiciel chargé d’améliorer la gestion des vols aux États-Unis. Le système analysera les horaires des compagnies, la météo, la capacité des aéroports et les contraintes de l’espace aérien afin d’anticiper les congestions. Son premier usage consistera à mieux réorganiser les vols annulés lors d’intempéries.Le responsable de la FAA, Bryan Bedford, a présenté le projet aux dirigeants d’American Airlines, United, Delta, Southwest et d’autres compagnies. Cette concertation doit préparer une évolution sensible : au lieu de réagir uniquement lorsque les perturbations se sont accumulées, les acteurs pourront coordonner plus tôt leurs horaires et leurs trajectoires.

Le nom signifie Strategic Management of Airspace, Routes, and Trajectories. Le logiciel rapproche des données qui sont aujourd’hui réparties entre plusieurs systèmes : programmes de vols, prévisions météorologiques, disponibilité des pistes, capacité des secteurs aériens et restrictions opérationnelles. Il cherche ensuite les moments où trop d’avions risquent de réclamer la même ressource.
Dans sa première phase, SMART aidera à replacer dans le programme les vols annulés à cause du mauvais temps. La difficulté n’est pas simplement de trouver un nouvel horaire. Un appareil déplacé entraîne aussi un équipage, des passagers en correspondance, une porte d’embarquement et parfois un avion attendu dans une autre ville pour le trajet suivant.
À terme, la FAA veut utiliser le système avant le départ pour coordonner les horaires et les routes. L’objectif est d’éviter qu’un avion décolle pour rejoindre une zone déjà saturée, puis attende au sol ou effectue un détour coûteux. Une meilleure anticipation peut réduire les retards et la consommation de carburant, mais elle ne crée ni pistes supplémentaires ni contrôleurs aériens.
La FAA a attribué en juin à Air Space Intelligence un contrat de 875 millions de dollars sur douze ans pour développer et déployer SMART. Le programme s’inscrit dans une modernisation plus large du contrôle aérien américain, financée à hauteur de 12,5 milliards de dollars. L’agence réclame dix milliards supplémentaires pour poursuivre les travaux.
Cette modernisation intervient alors que plusieurs grands aéroports accumulent les contraintes. Chicago O’Hare doit réduire son programme de 300 vols quotidiens jusqu’en octobre 2027, tandis que des limitations ont été prolongées à Newark et dans la région de New York. La pénurie de personnel reste également sensible. Nous avions déjà évoqué la campagne inhabituelle avec laquelle la FAA cherchait des contrôleurs parmi les joueurs, pour leurs capacités d’attention et de représentation spatiale.
Un outil prédictif peut mieux répartir la capacité disponible, mais il faudra définir des règles compréhensibles lorsque plusieurs compagnies demandent le même créneau. Les transporteurs voudront savoir pourquoi un vol a été déplacé plutôt qu’un autre. Le système devra donc produire des recommandations traçables et laisser aux responsables humains la possibilité de corriger une proposition inadaptée.
SMART est parfois présenté comme un outil d’intelligence artificielle, mais sa valeur dépendra moins de cette étiquette que de la qualité de ses données et de son intégration aux procédures de la FAA. Une prévision météorologique ancienne, une piste indisponible mal déclarée ou une contrainte locale absente peut rendre une optimisation théorique inutilisable.
Le déploiement devra également résister aux pannes et aux cyberattaques. Un logiciel central participant à la coordination du trafic ne peut pas devenir un point de défaillance unique. Les anciens systèmes devront donc rester disponibles pendant la transition, avec des procédures permettant de reprendre la main lorsque les données sont incohérentes.
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11 Sep. 2026 • 17:00