Le jeu vidéo vient de perdre l’un de ses grands architectes sonores. Bobby Prince, compositeur et sound designer associé à plusieurs classiques du PC des années 90, est mort à l’âge de 81 ans. Son nom restera surtout lié à Doom, dont la bande-son a contribué à définir l’énergie brutale du jeu de tir moderne.
Le son de Doom entre au patrimoine américain
La disparition de Prince intervient quelques semaines après une reconnaissance majeure : la bande originale du premier Doom a été intégrée au National Recording Registry de la Bibliothèque du Congrès américain. Une consécration rare pour une musique de jeu vidéo, saluée pour son importance culturelle et historique.

La Bibliothèque du Congrès a rappelé que, malgré les limites techniques des cartes son de 1993, Prince avait composé « l’accompagnement parfait, fait de riffs tranchants, pour le voyage démoniaque du jeu jusqu’en enfer et retour ». L’institution souligne aussi son usage intelligent du MIDI, notamment pour permettre aux effets sonores de traverser la musique sans disparaître dans le mix.
Une figure majeure de l’âge d’or du PC
Avant Doom, Bobby Prince avait déjà marqué Wolfenstein 3D, autre jalon fondateur du FPS. Le compsiteur a ensuite travaillé sur Doom II, Rise of the Triad, Duke Nukem 3D et plusieurs productions liées à id Software, Apogee et 3D Realms. En 2006, le Game Audio Network Guild avait remis à Bobby Prince un prix pour l’ensemble de sa carrière.

John Romero, cofondateur d’id Software et codirecteur de Doom, lui a rendu hommage sur X : « Tout le monde chez Romero Games est profondément attristé d’apprendre le décès de Bobby Prince. Il a laissé une empreinte incroyable sur les jeux et sur ma vie. »
La musique de Bobby Prince a montré qu’un jeu pouvait être reconnu dès ses premières notes. Ses riffs MIDI, inspirés du metal et taillés pour l’action, ont transformé les contraintes techniques de l’époque en une véritable identité sonore.