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C’est un vieux fantasme de la science, apparu dès le moment où quelques scientifiques/médecins/savants fous se sont mis en tête de découper un cadavre pour comprendre le fonctionnement du corps humain. Ce fantasme, c’est celui d’un homme sans maladies, dont la connaissance moléculaire, aujourd’hui de l’ADN, promet un avenir expurgé du risque terrible que tout s’arrête juste parce qu’un sale virus, un crabe irrité ou tout autre vilaines petites bêtes ne se décide à siffler la fin de la récré. Imprégné de l’héritage du courant transhumaniste, qui considère que l’homme, en tant qu’espèce, en est au point où il peut maitriser sa propre évolution hors du schéma classique de la sélection naturelle, Google est en quête d’un homme « neuf », dont les capacités sont « augmentées » par le biais de la technologie (Google Glass) et qui n’aurait plus à se soucier des aléas, devenus intolérables, de la maladie.

Pour parvenir à cet objectif titanesque, Google vient de lancer son projet Baseline, issu des travaux du X Lab, un projet qui consiste à établir la carte génétique (entre autres) de 175 individus dont la particularité justement est de n’être porteurs d’aucune maladie. Caractériser la bonne santé en quelque sorte, pour in fine apporter aux gens plus fragiles à la base les éléments dont ils pourraient avoir besoin pour se « renforcer ». Même si l’on manque encore du protocole scientifique ayant validé une telle orientation d’étude, Google précise que près d’une centaine de chercheurs de différents domaines collaborent ensemble sur le projet. Les résultats de ces recherches ne sont pas attendus avant de longues années.
Si l’on ne peut douter de la bonne volonté de Google à améliorer nos pauvres existences humaines, un léger doute subsiste tout de même sur les dérives possibles d’un séquençage massif des individus, même s’il s’agit ensuite de les aider à mieux affronter les aléas de la vie. Car le stockage – futur- de ces informations par une société déjà condamnée, tout au moins en Europe, pour le manque de respect des données privées sur internet, dont l’ancien CEO Eric Schmidt déclarait il y a quelques années que la sphère privée était une illusion, et dont les derniers changements de règles pour la gestion des données utilisateurs ont été vertement critiquées par nombre de Cnil européennes pose quand même, à minima, question. On imagine avec effroi ce que des compagnies d’assurance pourraient faire d’une telle base de données, un scénario à la « Bienvenu à Gattaca » qui semble plus plausible aujourd’hui qu’il ne l’était il y a seulement 10 ans.
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