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Le stockage résidentiel n’est plus un gadget réservé aux passionnés : c’est devenu un levier concret pour réduire la facture, lisser les pointes de consommation et sécuriser quelques usages essentiels. Entre l’évolution des tarifs, la baisse d’intérêt de certains mécanismes de revente du surplus et l’augmentation des besoins électriques (télétravail, domotique, climatisation, recharge), l’idée de conserver chez soi une partie de l’énergie produite prend tout son sens.
Dans ce contexte, les solutions à couplage AC (qui se branchent côté 230 V, sans intervenir sur le champ photovoltaïque en courant continu) séduisent de plus en plus. Elles s’intègrent sur une installation existante, y compris un kit balcon en micro-onduleurs, sans remplacer l’onduleur ni reconfigurer toute l’installation solaire.
La Marstek Venus E 3.0 arrive avec une promesse simple : rendre le stockage accessible et immédiatement utile. Il s’agit d’une batterie domestique AC pensée pour capter le surplus solaire en journée et le restituer le soir, avec en bonus une sortie de secours pour continuer à alimenter certains appareils en cas de coupure. Sur le papier, elle vise large : appartement équipé d’un kit balcon, maison déjà équipée en photovoltaïque, ou petit site pro qui veut gagner en résilience.

Une batterie AC ne se branche pas sur les panneaux : elle se branche au réseau de la maison. Le système mesure les flux (consommation, production, éventuelle injection) puis décide de charger quand il y a un surplus, et de décharger quand la maison importe du courant.
L’avantage est évident pour une installation existante. En contrepartie, il y a une chaîne de conversions (AC → DC pour charger, puis DC → AC pour alimenter) : l’efficacité dépend donc de la puissance instantanée et du profil d’usage. En pratique, les très petites charges permanentes peuvent rendre l’intérêt moins visible si la batterie cyclait en micro-quantités en continu. À l’inverse, dès qu’on alimente des usages cohérents (électroménager, cuisson, chauffe-eau piloté, recharge lente), l’intérêt devient très tangible.
La base, c’est une capacité brute de 5,12 kWh avec des cellules LiFePO4 (lithium fer phosphate), généralement choisies pour leur stabilité thermique et leur bonne tenue dans le temps. Marstek met en avant un niveau de durabilité typique de cette chimie (plusieurs milliers de cycles), ce qui correspond à une logique résidentielle sur de nombreuses années, à condition de respecter des conditions d’usage cohérentes (température, ventilation, réglages de réserve, etc.).

La batterie est annoncée IP65, un point important si vous envisagez une installation en garage, buanderie, abri extérieur ou zone potentiellement humide (tout en restant dans un environnement approprié pour un équipement électrique).
Marstek adopte une approche pragmatique : autour de ±800 W en charge/décharge dans un usage standard, avec une capacité de montée jusqu’à 2 500 W selon la configuration. L’idée est de permettre un démarrage simple, puis une exploitation plus ambitieuse si l’installation électrique le permet.
Point essentiel : plug & play ne veut pas dire sans règles. Une batterie qui échange plusieurs centaines de watts (et parfois plus) avec le réseau domestique doit être branchée correctement : prise avec terre, protections adaptées, idéalement ligne dédiée si vous visez des puissances élevées. On évite les rallonges, multiprises et montages approximatifs. Le bénéfice du couplage AC, c’est l’absence de travaux côté panneaux et onduleur, pas l’absence de bonnes pratiques côté maison.

La Venus E 3.0 propose une sortie de secours (EPS/backup) destinée à alimenter des appareils essentiels en cas de coupure. La commutation annoncée est très rapide (de l’ordre de quelques millisecondes), ce qui permet une continuité quasi instantanée pour de nombreux équipements domestiques : routeur, éclairage, frigo, informatique légère.

Il faut néanmoins garder une logique de dimensionnement : une sortie backup alimente un sous-ensemble d’usages choisis, elle ne transforme pas automatiquement la maison en site autonome. Plus la charge est élevée, plus la décharge est rapide, et plus la stratégie doit être réfléchie (ce qui est vital, ce qui peut attendre).
La Venus E 3.0 propose une connectivité moderne (Wi‑Fi, Bluetooth) et, selon les versions et marchés, un port LAN ainsi qu’une liaison RS485 pour l’intégration à des systèmes d’énergie plus avancés (EMS). Le LAN est souvent sous-estimé : sur un appareil de gestion énergétique, la stabilité réseau est parfois plus importante que des fonctions secondaires.

La mise en service s’appuie sur la batterie, l’application Marstek, et selon votre objectif un compteur intelligent (souvent le Marstek CT002). La logique est simple :
Si vous êtes déjà équipé d’un compteur d’énergie connecté, c’est un point intéressant : la Venus E 3.0 n’est pas limitée au compteur Marstek CT002. Le manuel Marstek mentionne une compatibilité avec plusieurs solutions tierces, dont le Shelly Pro 3EM (ainsi que certains modèles Shelly proches). Une fois le Shelly installé au tableau (tores sur L1/L2/L3) et connecté au réseau, il remonte en temps réel les puissances importées et exportées. La batterie peut alors ajuster sa charge et sa décharge pour coller au surplus, améliorer l’autoconsommation et limiter l’injection. En pratique, la clé est d’être rigoureux sur le sens des tores, la correspondance des phases et la stabilité réseau. À noter enfin que la mesure sert à piloter l’injection au niveau de la phase (ou des phases) du logement : l’important est donc d’utiliser un seul point de mesure cohérent pour l’installation, afin d’éviter des lectures contradictoires ou des réglages instables.

Dans la vie réelle, c’est cette boucle de mesure qui transforme une grosse batterie en un outil d’optimisation automatique. Sans mesure, on fait du décalage horaire. Avec mesure, on colle au plus près de ce qui se passe au tableau.
Marstek met en avant trois modes qui couvrent la grande majorité des besoins :
Ce trio a un mérite : il évite l’écueil des interfaces surchargées. Le but, dans un foyer, n’est pas d’avoir cinquante réglages, mais un comportement stable qui apporte des économies sans demander une surveillance quotidienne.

A tout moment il est possible de basculer d’un mode à l’autre.

Le chiffre 5,12 kWh peut sembler abstrait. Ce n’est pas l’autonomie complète d’une maison, surtout en hiver, mais c’est une capacité suffisante pour changer l’usage de nombreux foyers. Quelques repères permettent de mieux visualiser :
Avec 5 kWh, l’objectif n’est pas d’alimenter tout et n’importe quoi en permanence. L’objectif est de couvrir le talon de consommation et une partie des pointes du soir lorsque la production solaire est terminée. En été, un foyer peut parfois passer une grande partie de la soirée et de la nuit en puisant sur la batterie. En mi-saison, on gomme surtout le pic du soir. En hiver, le gain est souvent plus marqué via le décalage tarifaire (heures creuses/heures pleines) que via le solaire pur, car la production baisse.

Minimiser l’injection sur le réseau est une demande fréquente : contraintes contractuelles, simplicité administrative, ou simple préférence économique. Avec un compteur en temps réel, la Venus E 3.0 ajuste sa consigne pour absorber le surplus et limiter l’énergie renvoyée vers l’extérieur.
Dans la réalité, une régulation a toujours une petite inertie : production solaire variable, démarrage d’un four, cycles d’une plaque à induction, impulsions de certains appareils. L’objectif est donc une réduction très nette de l’injection, pas une absence totale à chaque seconde. Un bon réglage et une installation stable font souvent la différence.
La comparaison est pertinente : les deux systèmes visent l’autoconsommation sans refaire toute l’installation photovoltaïque, mais l’approche est différente. Pour référence, nous avons publié un test détaillé du concurrent Zendure ici : Test Zendure SolarFlow 2400 AC.
La Venus E 3.0 démarre directement à 5,12 kWh. C’est confortable, car l’effet sur la consommation du soir peut être rapide : on stocke une quantité notable en journée et on la restitue au bon moment. Face à cela, Zendure démarre avec des modules d’environ 2,88 kWh pour le SolarFlow 2400 (batterie AB3000X), ce qui facilite une montée progressive, mais peut nécessiter davantage de modules pour obtenir le même impact.
Zendure a beaucoup travaillé l’écosystème logiciel (pilotage HEMS, automatisations, logique d’optimisation poussée). Marstek propose également des modes d’optimisation, mais l’ADN de la Venus E 3.0 est davantage celui d’une batterie domestique tout-en-un : une base solide, un pilotage clair, et une intégration rapide dans une installation existante.
Sur le papier, Marstek annonce jusqu’à 2 500 W, Zendure autour de 2 400 W selon configuration. Dans la pratique, la différence se joue moins sur 100 W que sur la qualité du câblage, la ligne dédiée si nécessaire, les protections, et la capacité du système à encaisser les variations rapides de charge.
Les deux proposent un mode secours avec bascule rapide. La valeur réelle dépend surtout de votre scénario : quels appareils doivent continuer à fonctionner, combien de temps, et avec quelle puissance. Dans tous les cas, une approche circuits essentiels est la plus cohérente : frigo, routeur, éclairage, informatique légère, quelques prises.
La Venus E 3.0 a du sens si vous cherchez une solution qui combine simplicité, capacité sérieuse et intégration rapide sans refaire votre installation solaire. Concrètement :
À l’inverse, si vous cherchez une modularité très fine, un pilotage HEMS très approfondi et un écosystème domotique plus dense, le Zendure SolarFlow 2400 AC mérite d’être étudié attentivement.
La Marstek Venus E 3.0 coche les cases essentielles du stockage AC moderne : capacité confortable, chimie LiFePO4, pilotage clair (autoconsommation, planning, optimisation), limitation de l’injection via compteur, et une sortie de secours qui améliore fortement la valeur d’usage. Ce n’est pas un produit magique, et il ne faut pas sous-estimer l’importance d’une installation électrique propre, surtout si vous visez des puissances élevées. Mais si votre objectif est de déplacer une partie de l’énergie du jour vers le soir, de lisser la facture, et d’ajouter un filet de sécurité en cas de coupure, la Venus E 3.0 propose une approche solide, facile à comprendre, et crédible dans la vraie vie.
Le Marstek Venus E 3.0 est disponible au prix de 1499€ sur le site Marstek (frais de port gratuit, compteur CT002 offert).
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