Pour la première fois depuis le début de son exploitation il y a près de 25 ans, la Station spatiale internationale (ISS) affiche une configuration totalement inédite : l’ensemble de ses huit ports d’amarrage est occupé simultanément ! Un scénario jamais observé auparavant, qui est le reflet direct de l’intensification des activités humaines en orbite basse.
Une cohabitation record en orbite terrestre
Ce « plein à craquer » spatial résulte du retour en place du vaisseau cargo Cygnus XL de Northrop Grumman, brièvement déplacé par le bras robotique Canadarm2 afin de permettre l’arrivée d’un nouvel équipage. À ce moment précis, dix astronautes occupaient également le laboratoire orbital, un autre record notable pour l’ISS.

Parmi les vaisseaux actuellement amarrés à la station figurent deux capsules Crew Dragon de SpaceX, le cargo japonais HTV-X1 de la JAXA, deux vaisseaux russes Soyouz destinés aux équipages, ainsi que deux cargos Progress pour le ravitaillement. Du jamais vu.
Une rotation d’équipage sous tension
Le 27 novembre, un nouvel équipage composé d’un astronaute de la NASA et de deux cosmonautes russes a rejoint la station pour une mission de huit mois. Le retour sur Terre d’un autre Soyouz est prévu quelques jours plus tard, ce qui libérera temporairement un port d’amarrage.
Le cargo Cygnus XL restera quant à lui en orbite jusqu’au printemps 2026 avant de se consumer dans l’atmosphère avec plus de cinq tonnes de déchets à bord.
Cette situation exceptionnelle souligne la densification rapide des opérations spatiales, mais aussi la fragilité logistique du secteur. Un récent incident sur le pas de tir de Baïkonour, unique site russe pour desservir l’ISS, pourrait d’ailleurs compliquer les rotations à venir. L’ère de la station spatiale « toujours disponible » touche peut-être à ses limites