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[Test] Jurassic World Evolution : un bon jeu de gestion en temps réel, mais moins redoutable que ses dinosaures

Aaaah, Jurassic Park (pardon, Jurassic World): la musique inoubliable de John Williams, le flegme étrange de Jeff Goldblum, la pétillante Laura Dern et bien sûr cette scène mythique du gobelet qui tremble sous les pas du fabuleux T-Rex ! Certes, le jeu Jurassic World Evolution fait écho à la version modernisée de l’oeuvre initiale de Spielberg et sort quasiment en même temps que le film Jurassic World: Fallen Kingdom, mais pour votre serviteur, Jurassic Park c’est avant tout un songe d’enfant rempli de dinosaures animés par des génies de l’animatronique, avant que l’image de synthèse ne dévore tout sur son passage. Diriger son parc à dinosaures, frémir de peur qu’ils ne s’échappent, le tout accompagné par cette B-O épique, c’est aussi la promesse fantasmatique du jeu de gestion Jurassic World Evolution du studio Frontier, un jeu qui semble avoir été conçu plus pour les fans de la licence que pour les amateurs de gestion pure et dure, et ce n’est sans doute pas un mal…

L’ambiance du film est bien là

Dès l’intro du jeu, on est dans le bain, avec le logo Universal suivi du thème envoutant de John Williams; les graphismes aussi impressionnent; un jeu de gestion, vraiment ? La jungle environnante d’Isla Nubar est recréé jusqu’à la plus petite feuille du plus petit arbre, ou presque. Le jeu démarre en douceur, avec un assez long tutoriel accompagné de la voix française du professeur Ian Malcom. Il faut d’abord choisir une thématique générale pour le développement de son Parc, entre la recherche scientifique et la préservation des espèces (un choix incarné ici par une collaboratrice scientifique), la sécurité ou bien encore l’aspect « loisir » du parc. En bon cartésien, j’ai choisi la recherche scientifique (peut-être la collaboratrice aussi… ). Vient ensuite la création de son tout premier dinosaure, un herbivore pacifique et majestueux qui a une drôle de tête de canard (mais qui a bel et bien existé il y a des dizaines de millions d’années comme le rappelle la fiche de l’animal). La première sortie de l’enclos est un grand moment pour tout amateur de dinosaures; rarement vous aurez vu ces animaux fabuleux aussi bien recréés en 3D; les animations sont elles aussi quasi parfaites et les cris de la bestiole du jurassique rappellent là encore immanquablement le film de Spielberg. Frissons. On a à peine le temps de s’extasier qu’il faut déjà récupérer de nouveaux fossiles aux autre coins du monde pour en prélever l’ADN de dinosaure. A partir de 50% d’ADN prélevé, le dinosaure peut déjà être recréé, mais il vaudra mieux dépasser ce pourcentage si on ne veut pas risquer un arrêt impromptu de la phase d’incubation accélérée (ce qui est fort dommage au prix des oeufs de dinos… ).

Une partie gestion qui ne fera pas hurler un T-REX

Ce démarrage du jeu en prise directe avec les dinosaures donne bien le ton général : Jurassic World Evolution est avant tout focalisé sur la création (et plus tard la revente) de dinosaures; non pas qu’il n’y ait rien à faire dans le parc lui-même, mais cet aspect du jeu reste beaucoup moins pointu qu’un Theme Park (l’ancêtre du jeu de gestion de parc, développé par Peter Molyneux), et ne parlons même pas des RollerCoaster Tycoon et autres jeux du genre. La customisation des éléments du parc s’arrête au choix des bâtiments, eux même classés en deux catégories : les bâtiments pour le fonctionnement du Parc (Fossiles, Laboratoire de Recherche, Sécurité, Centrale Electrique, Enclos, etc.) et ceux destinés aux visiteurs (Restaurant, Baie de visionnage, Salle de « replis » en cas d’intempérie trop violente ou de fuite de dinosaures, etc.). Nombre de bâtiments se débloquent au fur et à mesure de l’avancée dans le jeu (cela coûte très cher), et globalement, on ne maitrise pas dans le détail les éléments qui font qu’un visiteur sera satisfait de son séjour au Jurassic World; en fait si, on le sait un peu puisque la voix d’un collaborateur finit toujours par se faire entendre pour nous indiquer qu’il vaudrait mieux construire tel ou tel restaurant ou boutique de souvenirs pour remonter le moral des visiteurs. Autant dire que cette partie du jeu est largement en mode assisté et ne présente pas de gros challenges.

De beaux dinosaures, et de la belle pluie

Les dinosaures en revanche raflent la part du T-Rex; non seulement il faut aller chercher des fossiles remplis d’ADN (ou sans ADN parfois malheureusement), non seulement encore il est possible de modifier et de renforcer cet ADN après-coup (dans le labo de recherche, qui permet aussi d’ »optimiser » les bâtiments), mais les grosses bébêtes demandent une attention de tous les instants et ont une fâcheuse tendance à tomber malade ou à tenter de s’échapper pour croquer quelques types en bermuda (ce qui change bien sûr de la pauvre biquette attachée au piquet). Dans certains cas, il faudra même sortir la Jeep ou l’Hélico pour une petite séance de fléchettes anesthésiantes ou de soins. Ces passages (en TPS et FPS) sont particulièrement bien réalisés, mais la difficulté assez faible de ces missions tend vers le « répétitif » (heureusement, il reste possible d’automatiser certaines interventions). Alors certes, les changements de zones de jeu (il y en a 5 en tout) apportent leur lot de nouvelles missions, de nouveaux contrats (qu’il vaudra mieux accepter si l’on veut rapporter de gros chèques) et de nouveaux bâtiments, mais la gestion du parc en elle-même a parfois tendance à ronronner un peu, ce qui finalement n’est sans doute pas très éloigné du réel (si un tel parc devait exister bien sûr). On peut aussi regretter que les séquences scriptées – par exemple lorsqu’un T-Rex se jette sur un gardien ou un visiteur – ne se renouvellent pas beaucoup. C’est bien fait là encore, et même assez saisissant lors de la première escapade, mais c’est toujours un peu la même chose.

Effet papillon et situations de crises

Oui mais voilà, le studio Frontier a bien bossé son sujet, et ces instants un peu trop calmes (et qui diminuent notre attention) finissent toujours par être brutalement brisés par des situations de crise particulièrement intenses : par exemple, un ouragan casse des pylônes électriques, ce qui permet à des dinosaures de s’échapper, et de commencer à boulotter du visiteur. Stress, stress, stress, d’autant plus que le jeu est en vrai temps réel; pas question de se mettre en pause sur un sous-menu histoire de souffler : il faut agir, et VITE ! Est-ce calculé ? Ces évènements violents ont en effet d’autant plus d’impact que jusque là le joueur gérait les choses à sa main, presque dans sa zone de confort. Il faut se rendre à l’évidence : ces séquences en « faux rythme » suivies de mini-catastrophes sont tout de même plus réalistes que la gestion du stock des gobelets rouges de soda. Ce n’est pas forcément hyper-pointu, mais au moins on s’y croit !

Que dire encore sur ce jeu beaucoup plus riche qu’il n’y parait à première vue ? L’interface est assez simple à maitriser sur console (ici sur PS4), mais trahit parfois sa provenance de jeu « PC » : la terra-formation est un peu pénible à la manette, tout comme la navigation entre les différents bâtiments du parc, ce qui fait que l’on finit par utiliser quelques raccourcis d’interface… qui cassent parfois l’ambiance. Rien de très pénalisant ceci dit, tout comme l’absence de dinos volants ou marins, ces derniers étant prévus pour une prochaine mise à jour (ouf !).

Conclusion : solide, mais pour les fans avant tout

Jurassic World Evolution est un jeu de gestion à la fois solide et simple à prendre en main… qui s’adresse avant tout aux fans de la licence ou aux amateurs de titres complexes mais pas non plus au point de se faire un lumbago des neurones. Les débutants au genre sont aussi les bienvenus et apprécieront d’être épaulés par un tutoriel très efficace. Mais surtout l’essentiel est là, soit l’ambiance vibrante d’un vrai parc à dinosaures rempli de bestioles superbement modélisées et animées qu’il faudra surveiller avec attention et passion. A noter aussi les effets météo très réussis (notamment la pluie torrentielle) qui peuvent d’ailleurs avoir une incidence forte sur le cours du jeu. Alors certes, le jeu du studio Frontier n’est pas vraiment destiné à ceux qui ont des yeux de mouches et huit tentacules pour gérer en même temps un million de paramètres, mais après tout, le genre du jeu de gestion a aussi droit à ses titres accessibles, et encore plus sur des thèmes aussi cultes.

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Jurassic World Evolution est disponible à la vente sur PS4, Xbox One ou PC

7,5/10

Notre avis

- des dinosaures superbement rendus 
- chouettes effets météo
- des réactions en chaine bien stressantes
- très simple à prendre en main (bon tutoriel de démarrage)
- voix françaises impeccables
- la musique du film !
- parfaitement adapté pour les débutants...
- ou ceux qui aiment la gestion, mais "pas trop difficile"
Pour
Contre
- manque parfois de rythme 
- terraformation pénible et limitée
- pas de dinos volants ou marins
- customisation du parc limitée 
- pas pour les "pros" du jeu gestion


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