Mission accomplie pour Sophie Adenot. Après plusieurs jours d’attente liés aux conditions météorologiques, la nouvelle astronaute française a enfin quitté la Terre à bord d’une capsule Crew Dragon, propulsée par une fusée Falcon 9 depuis Cap Canaveral en Floride. Le décollage a eu lieu à 11 h 15 (heure française), marquant le début officiel de la mission Crew-12.
Quelques minutes après l’allumage des moteurs, le premier étage s’est séparé comme prévu, laissant le second poursuivre l’ascension jusqu’à l’insertion en orbite. En parallèle, le booster est revenu se poser verticalement, une manœuvre devenue emblématique du savoir-faire de SpaceX. Fait notable, pour la première fois, l’atterrissage s’est effectué à proximité immédiate du pas de tir d’origine, le complexe LC-40.
Cap sur la Station spatiale internationale
Désormais en orbite terrestre, l’équipage peut relâcher la pression après la phase la plus critique du vol. Mais l’arrivée dans la Station spatiale internationale (ISS) ne sera pas immédiate. La capsule doit encore effectuer une série de manœuvres orbitales afin d’aligner précisément sa trajectoire avec celle de la station.

L’ISS évolue à environ 400 kilomètres d’altitude, à une vitesse proche de 28 000 km/h. Pour permettre un amarrage en douceur, Crew Dragon devra progressivement ajuster son orbite afin de rejoindre la station au même point et à la même vitesse.
Des centaines d’expériences scientifiques à venir
L’amarrage est prévu environ 33 heures après le décollage. D’ici là, Sophie Adenot découvrira les sensations de l’apesanteur pour la première fois. Une étape symbolique pour la deuxième femme française astronaute, qui s’apprête à entamer la mission scientifique Epsilon. La mission Epsilon.
Dans le cadre de la mission Epsilon, Sophie Adenot participera à près de 200 expériences scientifiques et technologiques à bord de l’ISS, dont plusieurs pilotées depuis Toulouse par le Cadmos du CNES. Une large part est consacrée à la santé des astronautes. EchoFinder testera un échographe autonome combinant intelligence artificielle et réalité augmentée, capable de fonctionner sans assistance depuis la Terre. PhysioTool assurera un suivi médical complet grâce à des capteurs mesurant tension, rythme cardiaque, sommeil ou saturation en oxygène. EchoBones étudiera quant à lui la densité et la vascularisation osseuse.
Côté technologies, MultISS analysera les bio-contaminations des surfaces, tandis que MatISS-4 évaluera des matériaux limitant la prolifération microbienne. EuroSuit permettra de tester une nouvelle combinaison intra-véhiculaire française.
La mission comprend aussi une dimension éducative avec ChlorISS, une expérience de germination menée simultanément dans l’espace et dans des milliers d’écoles. Enfin, Lumina, FoodProcessor et EveryWear poursuivent l’amélioration de la protection, de l’alimentation et du suivi médical en micropesanteur.