Visiblement, la CMA n’a pas vraiment convaincu les sociétés du Cloud Gaming que sa décision de bloquer le rachat d’Activision Blizzard était bonne… pour le Cloud Gaming ! Il faut dire qu’un certain nombre de ces sociétés avaient signé avec Microsoft et Activision Blizzard, un deal qui leur donnait accès aux contenus de l’éditeur américain. Microsoft avait d’ailleurs signé avec ces sociétés afin d’apaiser les inquiétudes de la CMA concernant le cloud gaming : les jeux d’Activision Blizzard ne resteraient pas exclusifs à une seule plateforme de cloud. Cela n’a donc pas suffi (mais l’on ne sait toujours pas ce qui aurait suffi), et le risque est bien désormais que les nouveaux partenaires commerciaux de Microsoft se retrouvent le bec dans l’eau, avec un catalogue de titres nettement moins attractif sans les jeux d’ABK (Activision Blizzard King).
Les critiques n’ont donc pas tardé à fuser, notamment du côté de NVidia GeForce NOW qui rapelle en un tweet cinglant que « GeForce NOW et d’autres fournisseurs de jeux en nuage pourront acquérir un catalogue de jeux encore plus complet si l’acquisition d’Activision par Microsoft est finalisée. » Idem pour le britannique Boosteroid, qui avoue être en désaccord avec la décision de la CMA à l’encontre de Microsoft. Il faut dire que pour le marché encore balbutiant du cloud gaming, l’offre de Microsoft était une aubaine face à la domination presque sans partage du modèle économique de l’achat de jeu à l’unité, un modèle très largement soutenu par Sony. Le cloud gaming a besoin de jeux iconiques et de franchises déjà fortes pour monter en puissance, sachant qu’il y a sans doute trop de risques de ne pas susciter l’adhésion du public avec de nouvelles licences.
On attend aussi impatiemment la réaction de Nintendo, qui avait lui aussi signé avec Microsoft et voyait dans le cloud la possibilité de récupérer la franchise Call of Duty sur sa console.