Les États-Unis viennent de franchir un cap dans la sécurisation de leurs réseaux domestiques. La Federal Communications Commission (FCC) a ordonné l’interdiction d’importer de nouveaux modèles de routeurs Wi-Fi grand public fabriqués hors du territoire, après avis d’un panel inter-agences évoquant une menace pour la sécurité nationale. Cette décision vise les équipements destinés aux foyers et aux petits bureaux, qu’ils soient utilisés pour le Wi-Fi ou pour gérer des connexions filaires.
Pourquoi cette interdiction maintenant ?
Selon la FCC, des cyberattaquants « étatiques et non étatiques » exploitent de plus en plus les failles de routeurs domestiques produits à l’étranger, avec des risques allant de la coupure de connectivité à l’espionnage local et au vol de propriété intellectuelle. Le régulateur cite aussi l’implication de routeurs dans plusieurs campagnes de spyware ou malware ces dernières années, dont Volt Typhoon, Flax Typhoon et Salt Typhoon.

Quels produits sont concernés ?
Le texte vise surtout l’arrivée de nouveaux modèles sur le marché américain. Autrement dit, le routeur déjà installé à la maison n’est pas rendu inutilisable, et les distributeurs peuvent écouler les stocks déjà importés. A noter que les grandes gammes vendues aux États-Unis sont très majoritairement fabriquées à l’étranger, y compris chez des marques populaires comme TP-Link, Netgear, Google Nest ou encore Eero (Amazon).
Un marché sous pression
À court terme, les fabricants devront donc demander des exemptions, revoir leurs chaînes d’approvisionnement ou bien renoncer à lancer certains produits aux États-Unis. Cette nouvelle barrière réglementaire pourrait aussi rebattre les cartes sur un segment très concurrentiel, et peut-être donner sa chance aux fabricants qui investiront dans une chaine logistique locale.